Bonjour ! Au programme de ce billet : des nouvelles des sondes Cassini et Juno, mais aussi de l’ISS, de SpaceX (un peu) et un dernier hommage à John Glenn. Bonne lecture !

En gris : l'orbite de Cassini dans sa phase actuelle. En bleu, celle qu'elle suivra à partir du 22 avril 2017. Crédits : NASA/JPL-Caltech
En gris : l’orbite de Cassini dans sa phase actuelle. En bleu, celle qu’elle suivra à partir du 22 avril 2017. Crédits : NASA/JPL-Caltech

Les derniers mois de Cassini

Parlons un peu de la sonde Cassini. En effet, l’une des plus formidables missions spatiales qui soient n’en a plus que pour quelques mois d’existence, vu qu’elle devrait plonger dans l’atmosphère de la planète Saturne en septembre prochain (soit presque vingt ans après son décollage). Pour rappel, la mission Cassini-Huygens était initialement composée de la sonde automatique Cassini, toujours en orbite autour de Saturne, et de l’atterrisseur européen Huygens, qui s’est posé sur la lune Titan en janvier 2005. Depuis qu’elle a atteint Saturne, en 2004, Cassini envoie constamment un tas de données scientifiques vers la Terre, y compris des images (forcément) magnifiques de la géante aux anneaux et de ses nombreux satellites naturels (Titan bien sûr, mais aussi Encelade, Mimas, Japet, Hypérion, Dioné, Phoebe…). Et il s’agit d’en profiter, car ce n’est pas demain la veille qu’une mission semblable décollera à nouveau (telle est la triste et froide réalité). Depuis le 30 novembre, Cassini a changé de trajectoire et se trouve dans l’avant-dernière phase de sa mission, l’orbite « Ring-grazing », qui l’occupera jusqu’au 22 avril. Au cours de cette phase, Cassini va effectuer 20 orbites durant lesquelles elle passera au-dessus et en dessous des pôles de Saturne, puis « rasera » ses anneaux de près, ce qui n’a encore jamais été réalisé auparavant.  Mieux, la sonde va également tenter de capturer des particules de gaz qui se baladent à proximité des anneaux. Le 22 avril, Cassini survolera Titan, ce qui modifiera son orbite : à partir de cette date, elle plongera directement dans l’espace de 2.400 km qui sépare Saturne et ses anneaux (comme illustré en bleu sur l’image ci-contre), une manœuvre qu’elle effectuera 22 fois avant qu’elle ne finisse ses jours dans l’atmosphère et transmette ses dernières données.

Le pôle nord de Saturne, et son fameux hexagone, vu selon quatre longueurs d'onde différentes, à 640.000km. L'échelle est de 153km par pixel. Crédits : NASA/JPL-Caltech/Space Science Institute
Le pôle nord de Saturne, et son fameux hexagone, vu selon quatre longueurs d’onde différentes, à 640.000km. L’échelle est de 153km par pixel. Crédits : NASA/JPL-Caltech/Space Science Institute

Des nouvelles de Juno

Mais n’oublions pas Juno, autre sonde interplanétaire de la NASA actuellement en orbite autour de Jupiter. Son dernier survol rapproché de la géante gazeuse n’avait pas permis de récolter la moindre donnée suite à un problème technique suivi du reboot de son ordinateur de bord. Bonne nouvelle : elle semble être remise de l’incident. Au moment où ce billet est posté, la sonde américaine devrait avoir réalisé un nouveau survol à proximité de Jupiter, en utilisant sept de ses huit instruments scientifiques. Le site de la NASA reste cependant très vague quant aux possibilités de modifier la trajectoire de la sonde, comme cela était pourtant prévu à la base. Pour rappel, il faut actuellement 53,4 jours à Juno pour effectuer une orbite complète de Jupiter, et cette durée aurait dû être ramenée à 14 jours en octobre si un problème au niveau des valves du moteur de l’engin n’avait pas poussé la NASA à y renoncer, au moins provisoirement. Si le dernier billet de la NASA sur le sujet se veut rassurant, il ne donne aucune indication quant à la date d’une telle manœuvre, se contentant de dire que l’engin « s’acquitte admirablement de sa mission » avant d’évoquer la nécessité d’éviter de prendre « des risques non nécessaires. »

Le Japon ravitaille l’ISS

Du côté de la Station spatiale internationale, signalons cette fois un décollage réussi que nous devons au Japon. En effet, une fusée H-IIB a propulsé avec succès la capsule cargo Kounotori (ou HTV) sixième du nom à destination de l’ISS, depuis le Tanegashima Space Center. À bord se trouvent 4,5 tonnes de vivres, d’eau, d’expériences ou encore de pièces de rechange.  Après un voyage de quatre jours, la capsule japonaise atteindra l’ISS le 13 décembre, où elle sera capturée par le bras robotique Canadarm2 puis dockée à la station proprement dite. Un succès bienvenu étant donné l’échec (dont l’origine reste par ailleurs inconnue) de la dernière mission russe Progress, qui devait ravitailler l’ISS.

La (courte) minute SpaceX

Il est désormais acquis que SpaceX ne fera plus décoller de fusée cette année. S’il était question un moment de faire voler à nouveau Falcon 9 en décembre, on parle maintenant de début janvier. Dans un court billet sur son site officiel, la société a précisé qu’elle « finalisait l’enquête » concernant l’explosion d’une de ses fusées sur son pas de tir le 1er septembre dernier.

John Glenn pénétrant à bord de sa capsule Friendship 7 le 20 février 1962. Crédit : NASA
John Glenn pénétrant à bord de sa capsule Friendship 7 le 20 février 1962. Crédit : NASA

Pour terminer

On se quitte avec un petit mot en hommage à l’astronaute John Glenn, décédé ce 8 décembre à l’âge de 95 ans. Premier Américain à se placer en orbite autour de la Terre, il était aussi l’astronaute le plus âgé à être âgé dans l’espace (à bord de la navette spatiale Discovery). John Glenn faisait partie du groupe des Mercury Seven (rien à voir avec un boys band, il s’agit plutôt des sept astronautes sélectionnés pour participer au programme Mercury), dont il était par ailleurs le dernier survivant. Le programme Mercury, ce n’est rien d’autre que le premier programme spatial de la NASA, dont l’objectif principal était de réussir à placer un être humain en orbite et de le ramener vivant. John Glenn, à bord de la capsule Friendship 7, est devenu le premier Américain à réaliser l’exploit en février 1962 (dix mois après le Soviétique Youri Gagarine, ne l’oublions pas). Deux autres Américains avaient déjà passés la frontière de l’espace avant lui : Alan Shepard et Virgil Grissom, lors de vols suborbitaux. Lorsqu’il vole à bord de la navette spatiale Discovery en 1998, il devient non seulement l’astronaute le plus âgé à aller dans l’espace, mais aussi le seul à avoir participé au programme Discovery et à celui de la navette spatiale. Récemment, la société Blue Origin lui a rendu hommage en donnant son nom à sa future fusée New Glenn, avec laquelle elle espère réussir elle aussi à placer des engins en orbite.

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