Bonjour ! Cette semaine, on s’intéresse une fois encore à Schiaparelli et à Juno, avant de causer un peu de SpaceX et du retour sur Terre de trois astronautes. Bonne lecture !

Schiaparelli : l’enquête continue

Image prise le 25 octobre par l'instrument HiRISE de la sonde Mars Reconnaissance Orbiter. Crédits : NASA/JPL-Caltech/Univ. of Arizona
Image prise le 25 octobre par l’instrument HiRISE de la sonde Mars Reconnaissance Orbiter. Crédits : NASA/JPL-Caltech/Univ. of Arizona

Prenons quelques nouvelles de Schiaparelli, l’atterrisseur européen de la mission ExoMars qui s’est écrasé sur Mars le 19 octobre. Pour rappel, il est acquis que son parachute, déployé au bon moment, s’est détaché prématurément et que ses rétrofusées n’ont pas fonctionné suffisamment longtemps (trois secondes au lieu des trente prévues) : par conséquent, l’atterrisseur a douloureusement heurté la surface martienne à environ 300km/h après une chute libre de deux à quatre kilomètres. Une nouvelle image dévoilée par la sonde Mars Reconnaissance Orbiter a permis de dévoiler plus de détails quant au site d’impact, tout en posant de nouvelles questions. Sur l’image ci-contre, on peut ainsi apercevoir le parachute et le bouclier thermique arrière (en bas, tous deux séparés trop tôt), le bouclier thermique avant (en haut) et un cratère d’une profondeur estimée à cinquante centimètres, au milieu à gauche. L’agence spatiale européenne (ESA) suppose que le réservoir des rétrofusées était encore bien rempli au moment de l’impact (vu que ceux-ci ont cessé de fonctionner prématurément), ce qui a pu provoquer son explosion. Les traces noires aux alentours du cratère, par contre, demeurent inexpliquées jusqu’à présent, mais il ne semble pas tout à fait absurde de penser qu’elles sont liées à l’explosion supposée de Schiaparelli. Malgré tout, rappelons (à l’instar du site The Space Review) que ce dernier a eu le temps d’envoyer des données vers la Terre pendant sa descente, y compris les données scientifiques liées à l’expérience AMELIA, dont le but est d’étudier les conditions atmosphériques martiennes durant la descente jusqu’à l’atterrissage. Tout est donc loin d’avoir été perdu dans l’opération (sans oublier que le Trace Gas Orbiter, lui, se porte comme un charme).

Juno tient la barre

Concernant la sonde Juno, en orbite autour de Jupiter, la NASA a confirmé qu’elle avait correctement quitté le « mode sans échec » dans lequel elle était plongée depuis le 18 octobre. Pour rappel, le reboot de son ordinateur de bord a rendu tous ses instruments muets durant son second survol à proximité de la géante gazeuse. L’équipe en charge de la mission a finalement annoncé que la sonde fonctionnait à nouveau normalement, et que ses instruments scientifiques seraient réactivés à partir de début novembre pour se préparer au survol programmé en décembre. Dans la même optique, Juno a effectué une petite modification de son orbite en activant ses propulseurs. La NASA continue cela dit d’enquêter quant au problème de valves qui a empêché la sonde de considérablement raccourcir son orbite, comme cela était prévu à la base. Notons au passage qu’une autre sonde américaine, OSIRIS-REx, actuellement en route pour l’astéroïde Bennu (rendez-vous prévu en août 2018), a effectué une légère correction de trajectoire au début du mois d’octobre et se porte bien.

La minute SpaceX

Source : SpaceX
Source : SpaceX

Si SpaceX n’a toujours pas déterminé la cause exacte de l’explosion de sa fusée Falcon 9 le 1er septembre dernier, il semble toutefois que l’enquête touche doucement au but. Sans entrer dans les détails, la cause résiderait davantage dans la façon dont le second étage de la fusée est alimenté en hélium (pour rappel, l’explosion est survenue alors que SpaceX « faisait le plein » de sa fusée en hélium), que dans le second étage lui-même. L’information demande encore à être confirmée, mais l’objectif semble toujours être de reprendre les vols avant la fin de l’année. Sur un tout autre thème, Elon Musk a confirmé sur le site Reddit qu’il souhaitait que le premier vaisseau de l’Interplanetary Transport System soit nommé Heart of Gold. Les lecteurs (ou spectateurs) du Guide du Voyageur Galactique (ou H2G2, pour The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy) auront reconnus le nom du « vaisseau à improbabilité » imaginé par le très regretté Douglas Adams. Inoccupé, ce premier vaisseau aura pour objectif de déposer de l’équipement sur la planète rouge, et notamment de quoi fabriquer le carburant destiné aux vaisseaux suivants. Avant cela, une série de capsules Crew Dragon (inoccupées) tenteront de se poser en douceur sur Mars, en vue de tester les procédures d’entrée atmosphérique, de descente et d’atterrissage. Schiaparelli a bien rappelé ce mois-ci à quel point ce ne serait pas forcément une partie de plaisir.

Soyouz se pose en douceur

Ce weekend, trois personnes sont revenues sur Terre à bord d’une capsule Soyouz, en provenance de la station spatiale internationale (ISS). L’astronaute américaine Kate Rubins, le cosmonaute russe Anatoli Ivanichine et le Japonais Takuya Onishi se sont posés dans les plaines du Kazakhstan ce 30 octobre, mettant ainsi fin à l’Expédition 49. Cela laisse à nouveau trois personnes à bord du laboratoire spatial : Shane Kimbrough, Sergueï Ryzhikov et Andrei Borisenko, arrivés tout récemment à bord. Ils seront rejoints à la mi-novembre par le Français Thomas Pesquet, l’Américaine Peggy Whitson et le Russe Oleg Novitskiy. Tous les six composent l’Expédition 50.

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De gauche à droite : Kate Rubins, Anatoli Ivanichine et Takuya Onishi. Crédits : NASA/Bill Ingalls

 

Au fait, c’était déjà le centième billet ! Merci à vous, amis lecteurs !

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