Bonjour ! Cette semaine, on s’intéresse à la mise en orbite d’une nouvelle station spatiale chinoise, avant de revenir sur la future fusée de Blue Origin et de passer quelques informations express en revue. Bonne lecture !

Le Palais Céleste atteint l’orbite terrestre

Décollage de la fusée Longue Marche avec Tiangong-2 à son bord, ce 15 septembre. Crédit : Xinhua news
Décollage de la fusée Longue Marche avec Tiangong-2 à son bord, ce 15 septembre. Crédit : Xinhua news

Ce 15 septembre, la petite station spatiale chinoise Tiangong-2 (Palais Céleste 2, en chinois) a pris le chemin de l’orbite terrestre grâce à une fusée Longue Marche 2F. Composée d’un module unique de 10,4 mètres de long et de 3,35 mètres de diamètre, Tiangong-2 a pour objectif de tester les technologies dont la Chine a besoin pour mener à bien la construction d’une station spatiale de plusieurs modules à partir de 2018 (on en parlait notamment par ici). Il s’agit par exemple des systèmes de support de vie, des fonctions de maintenance, de réparation et de ravitaillement, ou encore d’un bras robotique qui servira à la construction de la future station. Tiangong-2 a initialement été fabriquée comme backup de Tiangong-1, lancée en septembre 2011 et visitée à deux reprises par trois taïkonautes (en juin 2012 et en juin 2013). Elle lui ressemble donc beaucoup. Cette dernière se trouve d’ailleurs toujours en orbite, mais perd régulièrement de l’altitude et devrait se désintégrer dans l’atmosphère durant la seconde moitié de 2017. Quant à Tiangong-2, elle sera visitée dès le mois d’octobre par deux taïkonautes (dont les noms n’ont pas encore été révélés) qui la rejoindront à bord d’une capsule spatiale chinoise Shenzhou. Ils y mèneront toute une série d’expériences scientifiques durant trente jours. Quatorze expériences s’y trouvent déjà, dont une par exemple destinée à étudier les émissions de rayons Gamma (l’expérience POLAR, une collaboration entre la Chine, la Pologne et la Suisse). Plus tard, en avril 2017, Tiangong-2 sera visitée par la capsule de ravitaillement Tianzhou, qui y amènera des vivres et du carburant. Lors du décollage de cette semaine, la fusée Longue Marche 2F a également expédié le petit satellite Banxing-2 sur la même orbite que la station : sa mission sera de prendre des images de cette dernière. L’envoi des deux stations Tiangong représente la seconde partie d’un programme spatial chinois en trois étapes, nommé Projet 921, qui a débuté par le développement de la capsule Shenzhou et l’envoi du premier taïkonaute dans l’espace en 2003, et qui s’achèvera avec la construction d’une vaste station spatiale (si tout va bien entre 2018 et 2022).

Blue Origin sort le grand jeu

Comparaison des différentes versions du futur New Glenn avec d'autres lanceurs bien connus. Source : blueorigin.com
Comparaison des différentes versions du futur New Glenn avec des lanceurs actuels (Antares, Soyouz, Ariane 5, Atlas V, Falcon 9, Delta IV Heavy), du futur (Falcon Heavy) et du passé (Saturn V). Source : blueorigin.com

Nous connaissons désormais plutôt bien la petite fusée New Shepard, le lanceur suborbital de Blue Origin qui s’est fait remarquer en étant le premier du genre à décoller puis à se poser verticalement avec succès. Depuis, le même engin a reproduit cette performance à trois reprises (rappelez-vous). Depuis un an (et ce billet) nous savons aussi que la société de Jeff Bezos ne souhaite pas en rester là en prévoit la construction d’un lanceur beaucoup plus ambitieux, capable de placer des charges et des astronautes en orbite. Celui-ci a désormais un nom : New Glenn, du nom du premier Américain mis en orbite, John Glenn (pour rappel, le New Shepard est baptisé en l’honneur d’Alan Shepard, l’astronaute américain, qui a effectué le premier vol suborbital habité des Etats-Unis). Le New Glenn sera un très gros bébé décliné en deux versions : l’une comportant deux étages (82,3 mètres de haut) et l’autre trois (95,4 mètres). L’engin sera à moitié moins puissant que la mythique Saturn V (qui a envoyé les astronautes américains sur la Lune) et devrait produire 75% de la puissance de la future Falcon Heavy de SpaceX (à condition que celle-ci décolle un jour). De plus, Jeff Bezos précise que sa version à trois étages aura la possibilité d’envoyer des chargements au-delà de l’orbite basse terrestre (elle pourrait ainsi faire décoller des sondes vers d’autres planètes, par exemple). Enfin, sans surprise, le premier étage du New Glenn devrait pouvoir atterrir verticalement et être réutilisé, à la manière de New Shepard et du lanceur Falcon 9 de SpaceX. L’objectif actuel de Blue Origin est de faire décoller cette fusée pour la première fois avant fin 2020.

Décollage de Vega ce 16 septembre. Copyright : ESA
Décollage de Vega ce 16 septembre. Copyright : ESA

Infos express

Dernier round pour Cassini

On se quitte avec la sonde Cassini, qui a entamé la dernière année de sa mission en orbite autour de la planète Saturne : c’est en effet en septembre 2017 que la sonde américaine plongera dans l’atmosphère de la géante gazeuse. À partir du 30 novembre, elle va s’approcher de ses anneaux, dont elle pourra étudier la structure comme jamais auparavant. En avril 2017 commencera le « Grand Finale », durant lequel Cassini prendra les images les plus rapprochées jamais réalisées de la planète qu’elle étudie depuis plus de douze ans, juste après avoir effectué un proche survol de la lune Titan. Enfin, en septembre 2017, elle plongera dans l’atmosphère de Saturne pour en étudier une dernière fois la composition chimique avant de s’y désintégrer. Ci-dessous, une image de Saturne prise grâce à Cassini. Il s’agit en fait d’une mosaïque de différentes images, qui nous laissent apparaître la géante gazeuse telle qu’elle est en 2016 (et notamment son pôle nord).

Crédit : NASA/JPL-Caltech/Space Science Institute
Crédit : NASA/JPL-Caltech/Space Science Institute
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