Bonjour ! Ce début de mois de septembre est décidément bien chargé. Cette semaine, on s’intéresse principalement au décollage attendu d’une sonde américaine et aux dernières péripéties de la mission Rosetta, avant de prendre des nouvelles de SpaceX et de la station spatiale internationale.

OSIRIS-REx entame son périple

Décollage de la fusée Atlas V avec OSIRIS-REx à son bord, ce 9 septembre. Crédit : NASA/Kim Shiflett
Décollage de la fusée Atlas V avec OSIRIS-REx à son bord, ce 9 septembre. Crédit : NASA/Kim Shiflett

Célébrons la bonne nouvelle : ce 9 septembre, OSIRIS-REx a décollé ! Une fusée Atlas V a propulsé la sonde américaine (dont le nom est l’acronyme de « Origins, Spectral Interpretation, Resource Identification, Security-Regolith Explorer », à vos souhaits) pour un périple à destination de l’astéroïde Bennu (ou Bénou, en français, mais ici on en restera la désignation internationale pour cette fois), dont elle compte bien rapporter un échantillon à la maison. Chronologiquement, la mission doit se dérouler comme suit. Pour l’instant, la sonde suit une trajectoire qui va la ramener vers la Terre dans un an : cela lui permettra de profiter de l’assistance gravitationnelle de notre planète pour accélérer vers sa cible. En août 2018, OSIRIS-REx ne se mettra pas en orbite autour de Bennu (dont le diamètre est d’un peu moins d’un demi-kilomètre), mais va plutôt évoluer « en formation » en sa compagnie, pour l’étudier durant environ deux ans. Ensuite, ça se complique : la sonde va se rapprocher doucement de l’astéroïde pour y collecter un échantillon (la NASA vise un minimum de 60 grammes, mais peut aller jusque 2 kg si l’opération se passe particulièrement bien) en vue de le ramener vers la Terre. En mars 2021, la elle entamera son voyage de retour vers notre planète, qu’elle atteindra en septembre 2023. Une fois en orbite, une capsule contenant la précieuse cargaison s’en détachera pour aller se poser dans le désert de l’Utah, aux Etats-Unis.

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Orbite de Bennu (en bleu) par rapport (entre autres) à la Terre. Par NASA [Public domain], via Wikimedia Commons.

Quant à Bennu, il s’agit d’un astéroïde géocroiseur (cela signifie qu’il lui arrive de croiser l’orbite de la Terre) découvert en 1999, qui met environ 1,2 année pour effectuer un tour complet autour du Soleil. Hormis les missions lunaires, seules deux missions spatiales ont jusqu’à présent permis de ramener sur Terre des échantillons d’un autre corps céleste. En 2006, la sonde américaine Stardust est revenue avec des éléments collectés dans la queue de la comète Wild 2 lors d’un passage en 2004, et en 2010 c’est la sonde japonaise Hayabusa qui est revenue avec des particules récoltées sur l’astéroïde Itokawa (quelques grammes étaient au programme, mais la collecte a en partie échoué). En outre, OSIRIS-REx n’est pas seule à foncer vers un astéroïde : en ce moment, la sonde japonaise Hayabusa-2 est en route vers l’astéroïde Ryugu, dont elle ramènera un petit morceau en 2020 (en tout cas on l’espère, et pour plus détails je vous ramène à ce billet de décembre 2015). Enfin, signalons que la mission OSIRIS-REx est la troisième du programme New Frontiers de la NASA (dont nous parlions par ici) et s’inscrit donc dans la lignée de New Horizons et de Juno. Du beau monde, en somme !

Un dernier coucou de Philae

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La photo sur laquelle Philae a été repéré, zoomée en bas à droite. En haut à droite : la localisation de l’atterrisseur sur la comète. Crédits : ESA

Nous pensions ne plus jamais entendre parler de Philae, le petit atterrisseur européen posé sur la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko, mais c’était sans compter les efforts fournis par les scientifiques du CNES et de l’agence spatiale européenne (ESA) pour remettre la main dessus. Alors que la sonde Rosetta doit s’écraser (on parle plutôt « d’impact contrôlé ») sur la comète le 30 septembre prochain, elle est finalement parvenue à prendre un cliché de l’atterrisseur, définitivement désactivé en juillet dernierSi les chercheurs avaient de sérieux indices quant à sa localisation depuis le mois de mai, il a fallu attendre le 2 septembre pour en avoir la certitude (laquelle est par ailleurs conforme aux prédictions). Pour rappel, après sa descente à destination de la surface de Tchouri, Philae n’avait pas réussi à s’agripper à cette dernière : à la place, l’engin a rebondi à deux reprises avant de se fixer à un endroit resté inconnu jusqu’à maintenant. Avoir déterminé sa localisation avec précision pourrait aussi aider à déterminer pourquoi les communications avec l’atterrisseur ont été si compliquées, ternissant quelque peu le succès de la mission. Pour rester du côté de Rosetta, signalons également la découverte de macromolécules organiques au sein de la chevelure de la comète par une équipe internationale de chercheurs en grande partie financée par le CNES. La matière détectée par Rosetta (et plus précisément son instrument COSIMA) est très complexe et résulterait « de processus présents lors des tout premiers stades de formation du système solaire. » Pour en savoir plus à ce sujet, je vous renvoie par ici et par là. Très actif sur Twitter, Hervé Cottin (qui se désigne lui-même comme astrochimiste) est un des scientifiques impliqués dans cette étude. C’est d’ailleurs un compte francophone indispensable à suivre si vous vous intéressez à l’actualité spatiale !

SpaceX dans le flou

À propos de l’explosion de la fusée Falcon 9 survenue le 1er septembre, il semble que SpaceX patauge dans la semoule. Dans un tweet publié le 9 septembre, Elon Musk indique qu’il s’agit de « l’échec le plus difficile et complexe que sa compagnie n’ait jamais connu en 14 ans. » Il précise plus tard que l’accident est arrivé au cours d’une opération de routine (le remplissage des réservoirs de carburant), alors que les moteurs n’étaient pas allumés et qu’il n’y avait « aucune source de chaleur apparente. » SpaceX fait par ailleurs appel à toute personne qui disposerait de fichiers sonores, audio ou vidéo de l’explosion, dans le but de faire avancer l’enquête.

Pour finir : une pastèque

Enfin, on se quitte avec le retour sur Terre de trois membres d’équipage de la station spatiale internationale. Il s’agit de l’Américain Jeff Williams et des Russes Oleg Skripotchka et Alekseï Ovtchinine, qui se trouvaient en orbite depuis le mois de mars. Ils ont atterri au Kazakhstan à bord de leur capsule Soyouz le 6 septembre après un peu moins de six mois passés en orbite. Actuellement, trois membres d’équipage sont toujours à bord de l’ISS : l’Américaine Kate Rubins, le Japonais Takuya Onishi, et le Russe Anatoli Ivanichine, arrivés à bord en juillet. Ils composent désormais l’Expédition 49 et seront rejoints vers la fin du mois de septembre par deux Russes (Sergueï Ryzhikhov et Andrei Borisenko) et un Américain (Robert Shane Kimbrough).

Et on souhaite un bon appétit à Alekseï Ovtchinine !

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