Bonjour ! Cette semaine on s’intéresse surtout aux idées d’habitats spatiaux développés par la NASA et une série de sociétés américaines. Bonne lecture !

Un concept de station spatiale développé par Bigelow Aerospace : deux modules B330, avec deux capsules Crew Dragon arrimées. Source : http://www.bigelowaerospace.com/
Un concept de station spatiale développé par Bigelow Aerospace : deux modules B330, avec deux capsules Crew Dragon arrimées. Source : http://www.bigelowaerospace.com/

Dans le cadre du second round des partenariats public-privés NextSTEP (déjà évoqués par ici), la NASA a sélectionné ce mois-ci six sociétés chargées de développer des prototypes d’habitat pour l’espace lointain (comprendre par là : au-delà de l’orbite terrestre, on pense donc naturellement aux environs de la Lune et de Mars).   Pour atteindre ces régions, on sait que la NASA développe la fusée géante Space Launch System, ainsi que la capsule spatiale Orion, mais cette dernière est très insuffisante pour fournir un lieu de vie à des astronautes pendant des mois (voire des années). Il s’agirait donc de construire des espèces de mini stations spatiales capables de se balader à grande distance de la Terre et fonctionner de façon autonome. Les six sociétés choisies vont avoir deux ans pour fabriquer un prototype et/ou mener des études de faisabilité. Si on se réfère au vague plan de route dévoilé par la NASA pour son « voyage vers Mars » (Journey to Mars), ces travaux sont à mettre dans le cadre du « Proving Ground », le « terrain d’essai » du programme, que nous avions détaillé ici. Mais quelles sont ces sociétés, me direz-vous, car vous êtes curieux et attentifs ? Pour la plupart, nous les connaissons bien.

Les voici :

  • Bigelow Aerospace. C’est peut-être le choix le plus évident. Rappelez-vous, son module gonflable BEAM est arrimé à la station spatiale internationale depuis avril dernier. Dans le cadre de NextSTEP-2, la société du milliardaire Robert Bigelow va travailler sur son projet XBASE, dont nous parlions ici. Il s’agit, en gros, d’un module gonflable de 330 mètres-cube, dérivé des modules B330 qu’ils prévoient de construire à l’avenir, mais spécifiquement conçu pour être arrimé à l’ISS.
  • Boeing. On ne présente plus ce monstre de l’aérospatiale, partenaire de longue date de la NASA, qui développe le vaisseau CST-100 Starliner. Leur travail ici devrait mener à la construction d’un démonstrateur au sol.
  • Lockheed Martin. Cette société a choisi de remettre à neuf un module logistique précédemment utilisé par la navette spatiale américaine pour ravitailler l’ISS (du même type que le module Leonardo, actuellement arrimé à la station). L’idée est de le transformer en prototype d’habitat viable.
  • Illustration de ce que donnerait un étage Centaur (l'espèce de fusée en bas) arrimée à la station spatiale internationale, dans le cadre du projet de Nanoracks. Source : http://nanoracks.com/
    Illustration de ce que donnerait un étage Centaur (l’espèce de fusée en bas) arrimée à la station spatiale internationale, dans le cadre du projet de Nanoracks. Source : http://nanoracks.com/

    Orbital ATK. Si vous suivez l’actualité spatiale, vous savez qu’Orbital ATK construit la capsule de ravitaillement Cygnus (qui décolle régulièrement vers l’ISS). Dans le cadre de ce programme, cette société va prendre cet engin comme base, pour en faire un prototype d’habitat. On avait d’ailleurs déjà évoqué cette question par ici.

  • Sierra Nevada Corporation. De façon similaire à Orbital ATK, Sierra Nevada va également se baser sur son véhicule de ravitaillement pour fabriquer son prototype. Dans le cas présent, il s’agira donc la version cargo du Dream Chaser, actuellement en développement et qui devrait ravitailler l’ISS dès 2019. À terme, l’idée serait de pouvoir construire un habitat de longue durée en trois ou quatre lancements.
  • Nanoracks. Davantage connue pour déployer des satellites depuis la station spatiale internationale, cette société porte un projet qui implique également une forme de recyclage : il s’agirait là de transformer des étages supérieurs de fusées en habitations, une idée perçue comme moins risquée et moins chère que de les construire au sol avant de les envoyer dans l’espace. En tout cas, c’est là-dessus qu’ils vont plancher. Plus spécifiquement, le plan ici serait de transformer un Centaur (l’étage supérieur des fusées Atlas V) et de l’arrimer à l’ISS. Enfin, notons que Nanoracks ne travaille pas seule, mais en collaboration avec les sociétés Space Systems Loral, et United Launch Alliance (les trois développent leurs projets commun sous le nom d’Ixion Initiative Team).

Nous verrons bien à quoi mènent tous ces beaux projets. Peut-être seront-ils utilisés à l’occasion d’un futur voyage vers Mars, peut-être seront-ils convertis en stations spatiales privées (voire en rien du tout). Notons que les quatre premières compagnies citées (Bigelow Aerospace, Boeing, Lockheed Martin et Orbital ATK) planchent déjà sur un habitat spatial depuis 2015 dans le cadre du programme NextSTEP premier du nom. Ce nouveau contrat est donc une continuité de leur travail (qui devrait aboutir à un prototype), tandis que Sierra Nevada et Nanoracks sont de vrais nouveaux venus, qui mèneront plutôt des études de faisabilité.

Info express de l’ISS

Kate Rubins au travail sur l'ISS, avec la capsule Dragon en arrière plan. Crédit : NASA TV
Kate Rubins au travail sur l’ISS, avec la capsule Dragon en arrière plan. Crédit : NASA TV

Du côté de la station spatiale internationale, les astronautes Kate Rubins et Jeff Williams (tous deux Américains) ont effectué une sortie extravéhiculaire de presque six heures pour installer l’adaptateur IDA (International Docking Adapter), qui permettra d’accueillir les futures capsules habitées Crew Dragon (SpaceX) et CST-100 Starliner (Boeing). La pièce d’arrimage avait d’abord été extraite de la capsule Dragon dans laquelle elle se trouvait (et avec laquelle elle est arrivée jusque là), puis placée à proximité de l’endroit où elle serait attachée. Notons que cette phase a été réalisée à l’aide du bras robotique Canadarm2, lui-même manipulé par les équipes au sol.

C’est d’ailleurs là-dessus que nous nous quittons. Bonne semaine !

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