Bonjour ! Tandis que les équipes du Google Lunar XPrize continuent leurs préparatifs, la Chine dit adieu à son rover lunaire. C’est là-dessus qu’on revient cette semaine !

Autorisation d’alunir

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Illustration de l’atterrisseur MX-1E sur la Lune. Source : http://lunar.xprize.org/teams/moon-express

Bonne nouvelle pour Moon Express ! L’administration des États-Unis, et plus précisément la Federal Aviation Administration (FAA), lui a officiellement donné l’autorisation d’envoyer son petit robot MX-1E sur la Lune en décembre 2017, dans le cadre du concours Google Lunar Xprize (dont on parlait plus en détails ici, notamment). C’est la première fois qu’une société privée (des États-Unis ou d’ailleurs) est autorisée à envoyer un chargement au-delà de l’orbite basse de la Terre. On en parle peu, mais le droit international, via le Traité de l’espace (entré en vigueur en 1967 et lisible ici en français), réglemente l’envoi d’engins dans l’espace et avait prévu une telle initiative. Son Article VI stipule en effet ceci :

« Les activités des entités non gouvernementales dans l’espace extra-atmosphérique, y compris la lune et les autres corps célestes, doivent faire l’objet d’une autorisation et d’une surveillance continue de la part de l’État approprié partie au Traité. »

vehicleEn gros, n’importe quelle société souhaitant envoyer un engin dans un quelconque endroit hors de l’atmosphère terrestre doit recevoir l’autorisation du pays auquel elle appartient. Dans le cas présent, les États-Unis seront responsables des agissements de Moon Express sur la Lune, d’où la nécessité de ce type d’autorisation officielle. Précision importante : la décision rendue par la FAA ne concerne que l’envoi de l’atterrisseur MX-1E sur la Lune fin 2017, ce qui signifie que pour tout autre vol (par Moon Express ou une autre société), une nouvelle demande devra être soumise (« This determination does not extend to future missions by Moon Express, Inc. or similar missions from other entities. Any future requests for a payload determination from Moon Express, Inc. or another entity will be evaluated on a case-by-case basis »).

Pour rappel, Moon Express a signé un contrat avec la société Rocket Lab, dont la future fusée Electron aura pour lourde tâche d’envoyer l’atterrisseur MX-1E sur notre satellite. Le petit lanceur, illustré ci à droite, devrait seulement effectuer ses premiers vols tests en fin de cette année, à en croire leur site officiel. Pour corser le tout, souvenons-nous aussi qu’un simple alunissage ne sera pas suffisant pour gagner le concours (et les 20 millions de dollars à la clé) : chaque équipe qui parviendra jusque là devra déplacer son robot d’au moins 500 mètres à la surface lunaire. Du coup, le MX-1E (une version alternative du MX-1 initialement présenté, miniaturisée pour pouvoir rentrer à l’intérieur du lanceur) y effectuera des petits bonds, à l’instar de la société israélienne SpaceIL (la seule autre équipe toujours en lice à disposer d’un lanceur pour faire décoller son robot, en l’occurrence une fusée Falcon 9). Enfin, si Moon Express devait se voir obligée de changer de fusée, la décision remise par la FAA resterait malgré tout valide, car elle ne concerne que le chargement (l’atterrisseur), pas le lanceur.

Yutu s’en est allé

Yutu pris en photo par l'atterrisseur Chang'e 3 le 22 décembre 2013. Source : http://moon.bao.ac.cn/
Yutu pris en photo par l’atterrisseur Chang’e 3 le 22 décembre 2013. Source : http://moon.bao.ac.cn/

Sur la Lune toujours, le rover chinois Yutu (dit aussi Lapin de Jade) a rendu son dernier souffle cette semaine, après 31 mois de bons et loyaux services. Le robot avait atterri le 14 décembre 2013 sur notre satellite, dans le cadre de la mission Chang’e 3. Après y avoir roulé une centaine de mètres, il avait perdu sa capacité à se déplacer, mais n’avait pour autant pas cessé de transmettre des données depuis lors. On suppose qu’il n’a pas survécu à sa trente-troisième nuit lunaire (d’une durée de deux semaine), qui débutait le 28 juillet. Sur le site SpaceFlightNow, Stephen Clark signale qu’il est tout de même remarquable que l’engin ait survécu aux trente-deux précédentes, subissant sans broncher des températures de -180°C deux semaines de suite. Après l’abandon définitif de Philae par l’agence spatiale européenne le mois dernier, c’est donc un nouvel engin spatial qui tire sa révérence à la surface d’un autre monde. Séchons toutefois nos larmes : d’ici la fin de la décennie, les missions Chang’e 5 et Chang’e 4 (dans cet ordre) devraient chacune envoyer un nouveau rover à la surface lunaire (on en parlait aussi par ici).

Un joyeux anniversaire à Curiosity

Sur Mars, par contre, le rover américain Curiosity va bien et a célébré ce 6 août les quatre ans de son atterrissage à l’intérieur du cratère Gale. Depuis son arrivée, le robot a parcouru 13,57 kilomètres à la surface martienne et continue ses expériences le long de la montagne Aeolis Mons (appelée aussi Mont Sharp par la NASA). Pour fêter ça, on se quitte avec un panorama à 360° pris par le rover le 4 avril dernier (en milieu d’après-midi, à en croire le site de la NASA).

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