Bonjour ! En cette fin de mois de juillet, on s’intéresse à deux missions européennes : l’une qui touche à sa fin, l’autre qui débute. En bonus, on va aussi prendre des nouvelles de Juno. Bonne lecture !

Chant du cygne pour Philae et Rosetta 

Cela fait maintenant plus d’un an que le petit atterrisseur Philae, posé sur la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko, n’a plus donné signe de vie. Depuis février déjà, les chances de capter un signal de l’engin étaient presque réduites à néant étant donné l’éloignement croissant de la comète « Tchouri » par rapport au Soleil (on en parlait ici). Jusqu’à cette semaine, l’agence spatiale européenne continuait pourtant d’écouter, juste au cas où. C’est désormais officiellement terminé : l’instrument qui servait d’interface de communication entre la sonde Rosetta et Philae (l’ « Electrical Support System Processor Unit ») a été éteint ce 27 juillet. Si la manœuvre est forcément un peu triste, elle n’est pourtant pas sans intérêt : de plus en plus éloignée du Soleil, Rosetta (en orbite autour de la comète) commence à manquer d’énergie, et le sacrifice tout relatif de Philae (dont on n’a par ailleurs jamais pu déterminer la localisation exacte à la surface) va lui permettre de gagner encore un peu de temps. Actuellement, la lumière reçue par la sonde européenne est déjà huit fois moindre que lorsque Tchouri se trouvait au plus proche du Soleil, en août 2015 : en gros, la fin de sa mission approche. En fait, elle est même programmée : ce sera le 30 septembre prochain. À cette date, l’ESA va procéder à un « impact contrôlé » de la sonde sur la comète (et plus précisément dans la région de « Ma’at »), l’occasion de récolter une dernière fois de précieuses données, et un beau baroud d’honneur pour une mission franchement couronnée de succès.

Une carte des 19 régions de la comète Tchouri, nommées à partir de divinités de l'ancienne Egypte. Emily Lakdawalla, de la Planetary Society, a complété la carte : on y trouve donc le premier contact avec la surface de Philae, sa localisation actuelle estimée, et le futur lieu d'impact de Rosetta. Crédits : Base map: ESA / Rosetta / MPS for OSIRIS Team MPS / UPD / LAM / IAA / SSO / INTA / UPM / DASP / IDA. Landing site locations: Emily Lakdawalla.
Une carte des 19 régions de la comète Tchouri, nommées à partir de divinités de l’ancienne Egypte. Emily Lakdawalla, de la Planetary Society, a complété la carte : on y trouve donc le premier contact avec la surface de Philae, sa localisation actuelle estimée, et le futur lieu d’impact de Rosetta. Crédits : Base map: ESA / Rosetta / MPS for OSIRIS Team MPS / UPD / LAM / IAA / SSO / INTA / UPM / DASP / IDA. Landing site locations: Emily Lakdawalla.

ExoMars corrige son cap

La première photo de Mars prise par le Trace Gas Orbiter. Forcément, c'est encore un peu flou. Copyright : ESA/Roscosmos/ExoMars/CaSSIS/UniBE
La première photo de Mars prise par le Trace Gas Orbiter. Forcément, c’est encore un peu flou. Copyright : ESA/Roscosmos/ExoMars/CaSSIS/UniBE

Une autre sonde européenne est, elle, en route pour sa propre aventure vers Mars : il s’agit du Trace Gas Orbiter (TGO), composante de la mission euro-russe ExoMars, qui transporte avec lui l’atterrisseur Schiaparelli depuis mars dernier. En route pour la planète rouge, le TGO a procédé à sa première correction de trajectoire cette semaine, en allumant ses moteurs pendant 52 minutes. La manœuvre, automatique mais surveillée de près depuis le centre de l’ESA à Darmstadt (en Allemagne), s’est déroulée comme prévu, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Le TGO en est déjà à plus de la moitié du chemin et a pris sa première image de la planète rouge le 13 juin, confirmant que l’instrument fonctionne bien. Un deuxième allumage des moteurs est prévu le 11 août et sera suivi par d’autres manœuvres plus légères le 19 septembre et le 14 octobre prochains. Quant à l’insertion du Trace Gas Orbiter en orbite martienne, elle est prévue le 19 octobre. Trois jours avant, le 16 octobre, il est prévu que Schiaparelli se sépare de la sonde orbitale pour entamer son chemin vers la surface martienne. Si tout se passe comme prévu, les données récoltées par l’atterrisseur serviront à préparer la seconde partie la mission ExoMars : l’envoi d’un rover euro-russe sur la planète rouge en 2020.

Juno s’échauffe

On se quitte avec quelques nouvelles de Juno ! Ce 31 juillet, son orbite autour de Jupiter a amené la sonde américaine à son point le plus éloigné par rapport à la géante gazeuse (8,1 millions de kilomètres). Elle se trouve toujours sur son orbite de « capture », d’une durée de 53,5 jours. Le 27 août, elle activera ses moteurs pour se placer sur une nouvelle orbite, plus courte, d’une durée de 14 jours. Toutefois, avant cela et à partir d’aujourd’hui, elle entame une nouvelle « chute » vers Jupiter. À la clé : un passage à 4200 kilomètres au-dessus des nuages joviens. La vue promet d’être éblouissante.

Credits: NASA/JPL-Caltech
Crédits: NASA/JPL-Caltech
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