Bonjour ! Cette semaine, on s’aventure du côté de la sonde Juno, de plus en plus proche de Jupiter, avant de s’intéresser aux usages possibles de la navette Dream Chaser. On ira ensuite dans les parages de la station spatiale internationale, avant de prendre des nouvelles de deux sondes américaines désormais bien connues.

Juno bientôt en orbite

Photo prise par Juno le 28 juin, à 6,2 millions de kilomètres de Jupiter. On y aperçoit aussi trois de ses satellites. Crédits: NASA/JPL-Caltech/SwRI/MSSS
Photo prise par Juno le 28 juin, à 6,2 millions de kilomètres de Jupiter. On y aperçoit aussi trois de ses satellites. Crédits: NASA/JPL-Caltech/SwRI/MSSS

On commence avec Juno ! En effet, la sonde américaine a bientôt terminé son périple à destination de Jupiter : son insertion orbitale est en effet programmée pour pas plus tard que ce 4 juillet. Jeudi dernier, une série de commandes lui ont été envoyées depuis la Terre et la sonde s’est ensuite placée en pilote automatique, ce qui signifie en gros que les manœuvres de mise en orbite ne dépendent désormais plus de la NASA et que ses ingénieurs n’ont plus qu’à espérer que tout se déroule comme prévu. Rappelons brièvement en quoi consiste la mission de Juno. Cette dernière succède à Galileo, qui a étudié Jupiter entre 1995 et 2003. Sur le site de la Planetary Society, Emily Lakdawalla explique brièvement en quoi les deux missions diffèrent. Si les instruments scientifiques embarqués par Juno, prévus pour étudier l’atmosphère, la structure interne ou encore le champ magnétique de la géante gazeuse, ne sont pas si différents de ceux utilisés par Galileo, c’est bien son positionnement qui en fait une mission toute particulière.

Illustration de l'orbite prévue pour Juno (les zones colorées représentes la ceinture de radiation de Jupiter). Source : Wikipedia
Illustration de l’orbite prévue pour Juno (les zones colorées représentes la ceinture de radiation de Jupiter). Source : Wikipedia

En gros, la tâche de Galileo incluait l’étude des différentes lunes de Jupiter (en particulier Europe, Ganymède, Callisto et Io), ce qui la contraignait à rester assez éloignée de cette dernière. Juno, par contre, va évoluer au plus près de sa cible, dans des conditions encore jamais endurées par une sonde spatiale auparavant. En fait, son orbite va l’amener à régulièrement « plonger » au-dessus du pôle Nord de la planète, continuer son chemin puis surgir au niveau du pôle Sud, avant de s’éloigner et de répéter l’opération tous les 11 jours. Même si cette orbite polaire très elliptique a été étudiée pour lui éviter en grande partie la ceinture de radiations de Jupiter, elle sera malgré tout confrontée à un champ magnétique  intense et à un niveau de radiations très puissant, un environnement qui condamne la sonde à ne pas survivre plus d’une vingtaine de mois. Juno possède aussi une autre particularité : ses trois énormes panneaux solaires de 9 mètres de long. Il s’agit en effet du premier engin à voyager si loin en s’alimentant uniquement à l’aide de l’énergie solaire. Enfin, la vaillante sonde ne sera pas seule dans sa mission, car elle va bénéficier de l’aide du télescope spatial Hubble, présent en support. Cette semaine, il nous a d’ailleurs livré de fantastiques images d’une aurore boréale visible dans l’atmosphère de Jupiter.

N'est-ce pas splendide ? Crédits: NASA, ESA, and J. Nichols (University of Leicester)
N’est-ce pas splendide ? Crédits: NASA, ESA, and J. Nichols (University of Leicester)

Sierra Nevada s’invite aux Nations Unies

Illustration de la navette Dream Chaser (en version cargo) en orbite autour de la Terre. Source : www.sncorp.com
Illustration de la navette Dream Chaser (en version cargo) en orbite autour de la Terre. Source : http://www.sncorp.com

C’est une information à la fois surprenante et intéressante : la société privée américaine Sierra Nevada Corporation, qui conçoit l’avion spatial Dream Chaser, est en discussion avec les Nations Unies (et plus précisément le Bureau des affaires spatiales des Nations Unies) en vue de conclure un accord qui donnerait la possibilité à divers pays d’utiliser l’engin en question. Pour rappel, le Dream Chaser était initialement conçu comme une petite navette capable de transporter des astronautes. Après avoir vu son avion recalé face à Boeing et SpaceX pour jouer les taxis vers la Station spatiale internationale, Sierra Nevada a reconverti le Dream Chaser en version cargo, inhabitée. Un choix payant, vu que la petite navette a cette fois-ci été sélectionnée (en janvier) aux côtés de SpaceX et d’Orbital ATK pour assurer le ravitaillement en fret de l’ISS dès 2019. Les discussions avec les Nations Unies ne concernent, elles, pas du tout l’ISS. Il s’agirait plutôt de donner la possibilité à ses membres de transporter du matériel scientifique dans l’espace et d’y effectuer de la recherche pour une durée allant jusqu’à quelques mois. Si, au début, c’est bien la version cargo de l’engin qui serait concernée, il n’est pas spécialement exclu d’envisager des missions habitées après un certain temps. Notons enfin qu’un des avantages du Dream Chaser est sa flexibilité. Dans le cadre du contrat de Sierra Nevada avec la NASA, la navette décollera à l’aide d’une fusée Atlas V depuis les États-Unis, mais rien n’empêcherait Ariane 5 de l’expédier en orbite depuis Kourou, par exemple. Si l’accord est encore loin d’être finalisé, il s’agit en tout cas d’un développement très intéressant en matière de recherche spatiale, susceptible d’attirer l’attention de nombreux pays.

Progress en test

La capsule Progress 62 pendant son test de docking manuel. Source : NASA TV
La capsule Progress 62 pendant son test de docking manuel. Source : NASA TV

Ce 1er juillet, à bord de l’ISS les cosmonautes russes de l’Expédition 48 (Oleg Skripotchka et Alekseï Ovtchinine) ont procédé à un test de « docking manuel » d’une capsule Progress. Concrètement, la capsule a été détachée de la station et éloignée jusqu’à 190 mètres de cette dernière, avant d’être à nouveau « dockée » manuellement par Alekseï Ovtchinine une demi-heure après le début de la manoeuvre. L’opération s’est déroulée correctement, à ceci près qu’un bug encore inexpliqué a déclenché l’allumage d’un propulseur en trop, provoquant une oscillation visible de la capsule au moment du « docking » avec la station. L’incident est heureusement resté sans conséquence. Enfin, ce weekend, la même capsule Progress (le Progress 62 selon la nomenclature utilisée par la NASA) a été définitivement désorbitée avant d’aller se désintégrer dans l’atmosphère avec les déchets qu’elle contenait.

New Horizons et Dawn continuent leurs missions

Pour finir, prenons des nouvelles des deux stars américaines de 2015, à savoir New Horizons et Dawn. Pour New Horizons, bonne nouvelle : après son survol de Pluton en juillet 2015, c’est désormais officiel, elle survolera 2014 MU69 (un objet de la ceinture de Kuiper) le 1er janvier 2019. L’idée était dans l’air depuis plusieurs mois et n’attendait que la prolongation officielle de la mission pour être confirmée. La sonde Dawn, elle, ne quittera plus Cérès. Après avoir orbité l’astéroïde Vesta en 2011 et 2012, elle était arrivée auprès de Cérès en mars dernier, ce qui en a fait le premier engin terrestre à se placer en orbite autour de deux corps différents (la Terre exceptée), tous deux situés dans la ceinture d’astéroïde entre Mars et Jupiter. Ce record aurait pu être porté à trois si la NASA avait décidé d’envoyer Dawn se balader auprès de l’astéroïde (145) Adeona, mais l’agence spatiale américaine a finalement choisi de privilégier l’étude approfondie de la planète naine Cérès.

L’astéroïde Vesta (reconstitution à partir de 62 photos prises par Dawn). Crédits : NASA/JPL-Caltech/UCLA/MPS/DLR/IDA Source : Wikipedia
Publicités