Bonjour ! Cette semaine on s’intéresse à Blue Origin et aux dernières avancées du programme spatial chinois !

New Shepard bondit encore

Atterrissage du booster de New Shepard le 19 juin dernier. Source : www.blueorigin.com
Atterrissage du booster de New Shepard le 19 juin dernier. Source : http://www.blueorigin.com

Quand ce n’est pas SpaceX, c’est la société Blue Origin qui fait parler d’elle. Dans sa compétition à distance avec Elon Musk, Jeff Bezos a réalisé un nouveau coup d’éclat dimanche dernier en faisant voler sa fusée New Shepard pour la quatrième fois d’affilée, avant de la faire se poser sans encombre. Pour éviter la moindre ambiguïté, rappelons qu’il ne s’agissait pas juste du même modèle de fusée, mais bien du véhicule suborbital qui avait déjà traversé trois fois (en novembre, en janvier et en avril derniers) la frontière de l’espace dans les deux sens : une belle performance s’il en est. Nouveauté : c’est aussi de la première fois que Blue Origin diffusait le vol en direct, pour la plus grande joie des amateurs. La vidéo est d’ailleurs visible ci-dessous : on peut y admirer le décollage (à partir de 35:40) et, sept minutes plus tard, l’atterrissage vertical parfaitement réussi du booster. La capsule (dont la séparation survient après un peu moins de trois minutes de vol) atterrit doucement presque dix minutes après le décollage de la fusée. Cette fois encore, la capsule abritait trois expériences  scientifiques (de physique fondamentale, pour être plus précis), mais Blue Origin compte toujours débuter les vols tests avec équipage dès 2017, et les vols commerciaux en 2018.

La minute chinoise

Décollage de Longue Marche 7 ce 25 juin. Source : Xinhuanet.com
Décollage de Longue Marche 7 ce 25 juin. Source : Xinhuanet.com

Parlons un peu de la Chine. Ce samedi, elle a en effet testé avec succès la Longue Marche 7, un nouveau lanceur capable de placer des engins lourds en orbite basse et des satellites de taille moyenne sur orbite géostationnaire. À terme, elle doit remplacer en partie, au sein d’une nouvelle gamme de lanceurs, les fusées utilisées actuellement par la Chine. Ce n’est pas tout : ce décollage était aussi l’occasion pour les autorités chinoises d’inaugurer un nouveau complexe de lancement, le Wenchang Satellite Launch Center, situé sur l’île Hainan. De plus, la Longue Marche 7 emportait (en plus de trois petits satellites de type CubeSat) un prototype de véhicule habité de nouvelle génération, destiné à remplacer les actuelles capsules Shenzhou. Pour rappel, les Shenzhou sont des capsules très similaires aux Soyouz russes : dans les prochaines années, ce sont elles qui continueront à transporter des équipages, notamment jusqu’aux futures stations spatiales chinoises (sur lesquelles on revient un peu plus loin). La capsule testée ce weekend, elle, devrait servir à remplir des objectifs plus ambitieux et plus lointains. Capable d’accueillir de deux à six personnes, elle fera elle aussi office de taxi vers les stations spatiales, mais on parle aussi de missions vers les points de Lagrange, vers la Lune, des astéroïdes et même Mars.

On en avait parlé par ici, la petite station spatiale chinoise Tiangong-2 devrait décoller avant la fin de l’année et ouvrira la voie à une station modulaire bien plus ambitieuse. Cette station ambitieuse sera composée de trois modules au moins, pourra accueillir trois personnes de manière permanente et devrait rester opérationnelle pendant dix ans. Sa construction devrait débuter en 2018 et elle pourrait devenir opérationnelle dès 2022. Grâce à un accord récemment signé avec les Nations Unies, cette station spatiale pourrait être ouverte aux étrangers, et cela concerne à la fois les les expériences scientifiques qui y seront effectuées que ses futurs occupants. Il n’est donc pas impossible que des astronautes européens visitent un jour une station spatiale chinoise : l’agence spatiale européenne (ESA) prépare en tout cas cette éventualité. Enfin, pour en revenir à Longue Marche 7, une de ses tâches principales sera justement d’expédier les capsules cargo Tianzhou vers les stations spatiales chinoises. Le premier lancement de ce type aura lieu l’an prochain à destination de Tiangong-2 : l’opération servira à valider les compétences chinoises dans le domaine du ravitaillement et du rendez-vous orbital. Bref, la Chine ne manque pas d’ambitions et semble vouloir se donner les moyens de les atteindre.

 

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