Bonjour ! Cette semaine, on jette un œil aux progrès réalisés par l’Inde, avant de s’intéresser à un module gonflable et aux derniers décollages en date.

L’Inde vers le réutilisable

Décollage du RLV-TD. Crédit : ISRO
Décollage du RLV-TD. Crédit : ISRO

Nous l’avions un peu délaissé, ces temps derniers : qu’en est-il du programme spatial de l’Inde ? Le vol du Reusable Launch Vehicle-Technology Demonstrator (RLV-TD) va nous donner l’occasion d’en parler un peu. C’était lundi passé : l’Indian Space Research Organisation (ISRO, l’agence spatiale indienne) a réalisé avec succès le premier test en vue de la construction d’un futur engin réutilisable (et inhabité). Le RLV-TD, d’une longueur d’environ 6,5 mètres et d’une masse de 1,75 tonne, a effectué un vol suborbital, s’envolant jusque 65km d’altitude avant d’exécuter une rentrée atmosphérique à environ Mach 5 (soit cinq fois la vitesse du son). En tout, la mission a duré 12 minutes et 50 secondes. Le véhicule, qui rappelle un peu la navette X-37B américaine, ou encore l’IXV testé l’an dernier par l’agence spatiale européenne (ESA), a fini son voyage dans la baie du Bengale, où il terminera paisiblement ses jours (il n’était en effet pas destiné à être récupéré : toutes les données recueillies l’ont été en cours de vol). Le but de cette mission était de tester des technologies dites « critiques » telles que la navigation autonome, le système de protection thermique, le système de guidage et la gestion de la rentrée atmosphérique. Selon l’ISRO, toutes ont d’ailleurs été validées avec succès.

Le RLV-TD prêt à être attaché à son booster. Source : ISRO
Le RLV-TD prêt à être attaché à son booster. Source : ISRO

À long terme, l’Inde souhaite concevoir un véhicule à deux étages réutilisable, qu’on n’attend cela dit pas avant les quinze prochaines années. D’ici là, la mission de cette semaine, nommée HEX (Hypersonic Flight Experiment) sera suivie de trois autres : LEX (Landing Experiment : la navette sera larguée depuis un avion et devra réussir un atterrissage autonome), REX (Return Flight Experiment : la combinaison des deux premiers tests) et SPEX (Scramjet Propulsion Experiment : un moteur supersonique « scramjet » sera incorporé à la navette pour l’accélérer  ). En développant ce véhicule réutilisable, l’Inde souhaite renforcer sa position sur le marché des lanceurs à bas coût : elle espère en effet diviser les coûts de lancements par dix. Notons que ce test ne doit pas être confondu avec les progrès réalisés par l’Inde dans le domaine des vols habités. Dans ce cadre, deux récupérations d’engins spatiaux (des capsules) ont déjà été opérées : l’une en 2007 (le Space Capsule Recovery Experiment), la seconde fin 2014 (le Crew Module Atmospheric Re-entry Experiment, on en parlait même brièvement ici). Bref, si le programme de vols habités et le développement de cette navette réutilisable ne doivent pas être confondus (The Space Review y consacre d’ailleurs un article, mais en anglais), le tout démontre en tout cas très bien les progrès réguliers effectués par l’Inde (qui, ne l’oublions pas, dispose en plus d’une sonde en orbite autour de la planète Mars).

Un BEAM bien gonflé

Le BEAM à différents stades de son expansion. Crédit : NASA TV
Le BEAM à différents stades de son expansion. Crédit : NASA TV

Vous vous souvenez du BEAM ? Mais si, il s’agit de ce module gonflable développé par Bigelow Aerospace et arrimé à la station spatiale internationale depuis le mois dernier, on en a même parlé ici et . Ce samedi, après une manœuvre qui a duré beaucoup plus longtemps que prévu, le module a été « gonflé » pour atteindre sa capacité de 16m3 (il en occupait 3,6 dans la capsule Dragon qui l’a amené vers l’ISS). C’est l’astronaute Jeff Williams, placé entre le module BEAM et le module Tranquility, qui était chargé d’ouvrir et de refermer une valve (sous le commandement des équipes au sol) permettant à l’air de pénétrer dans le module gonflable et de le faire ainsi grandir. Les opérations ont débuté normalement (notamment avec l’enlèvement des sangles qui maintenaient le module serré), mais la NASA a ensuite dû admettre que le BEAM ne s’étendait pas aussi vite que prévu (ni en diamètre, ni en longueur). Après plusieurs tentatives, il a été décidé d’en arrêter là pour la journée, le temps de déterminer la cause de l’anomalie. L’agence spatiale américaine a finalement décidé de réitérer la manoeuvre ce samedi, une tentative cette fois couronnée de succès après plus de sept heures de travail. La NASA, peu désireuse de prendre le moindre risque, a en fait pris de longues pauses entre les 25 ouvertures de valve nécessaires pour compléter l’opération : en tout, l’air n’a en fait pénétré dans le BEAM que pendant 2 minutes et 27 secondes. Le module a ensuite été pressurisé. Dans les prochaines semaines, des membres de l’équipage y entreront pour la première fois, histoire de prendre des mesures. Pour rappel, le BEAM doit rester arrimé à la station pendant deux ans, mais il n’est pour l’instant pas prévu de s’en servir comme espace opérationnel (il s’agit avant tout d’un module de démonstration).

Quelques décollages

On se quitte avec une vidéo accélérée, version caméra embarquée. En vedette ? Falcon 9 évidemment, lors de son retour sur Terre jeudi dernier.

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