Bonjour ! En ce dimanche tout ce qu’il y a de plus estival, on s’intéresse une nouvelle fois aux exoplanètes en se penchant sur les environs d’une naine rouge, avant de s’attarder un peu sur SpaceX et sur la mission ExoMars.

Trois exoplanètes autour d’une naine rouge

This picture shows the Sun and the ultracool dwarf star TRAPPIST-1 to scale. The faint star has only 11% of the diameter of the sun and is much redder in colour.
Comparaison entre le Soleil et la naine rouge TRAPPIST-1. Crédit : European Southern Observatory (ESO)

Tout récemment, nous évoquions la nouvelle mission du télescope spatial Kepler dans le cadre de sa recherche d’exoplanètes. Si de nouvelles méthodes sont testées pour l’occasion, il s’agirait de ne pas oublier que la bonne vieille technique dite « du transit » donne également des résultats. En témoigne la récente découverte, par des scientifiques de l’Université de Liège (en Belgique), de trois exoplanètes en orbite autour d’une petite étoile à 40 années-lumière d’ici. L’étoile en question est une naine rouge. Comme l’explique Phil Plait sur son blog Bad Astronomy,  il s’agit de la plus petite étoile autour de laquelle des exoplanètes ont jamais été détectées. Sa masse équivaut à 8% de celle de notre Soleil, et son diamètre à 11% (à peu près comme Jupiter). Dénommée TRAPPIST-1 en l’honneur du télescope TRAPPIST (pour Transiting planets and planetesimals small telescope) qui a permis cette découverte, situé au Chili mais géré par l’Université de Liège, cette naine rouge est aussi deux fois moins chaude que le Soleil, ce qui lui vaut d’être catégorisée informellement comme « ultrafroide. » Mais venons-en aux planètes en questions, pour l’instant sommairement nommées TRAPPIST-1 a, b et c. La méthode de détection implique qu’on les a découvertes grâce à leurs passages devant leur étoile, qui ont obscurci une partie de la lumière de cette dernière parvenant jusqu’à nous. À partir de là, les scientifiques sont en mesure de déduire leur taille, mais pas leur masse. Or, surprise, alors que la majorité des exoplanètes détectées sont des géantes gazeuses, celles-ci mesurent chacune 1,1, 1,05 et 1,2 fois la taille de la Terre. Le Very Large Telescope a notamment été appelé en renfort pour rendre cela possible, et Kepler devrait encore y jeter un œil en cours d’année.

Et puis surtout, la découverte d’exoplanètes autour d’une étoile de ce type est une première. Pourquoi est-ce une bonne nouvelle ? Parce que les naines rouges sont de loin les étoiles les plus nombreuses de la Voie lactée, voire même de l’univers (ici, on peut lire qu’elles représentent 80 à 85% des étoiles de notre galaxie). Découvrir des planètes autour de l’une d’elles est donc une excellente nouvelle, a fortiori s’il s’agit de tout un système de planètes plutôt semblables à la Terre (en tout cas par leur taille). De plus, elles sont situées à proximité de la zone habitable de leur étoile, autrement dit, une zone où la vie telle qu’on la connaît pourrait éventuellement se développer. Attention : cela ne signifie en rien que nous pouvons en déduire quoi que ce soit, les données à notre disposition sont en effet beaucoup trop faibles pour l’instant. Sont-elles brûlantes, glacées, avec ou sans atmosphère ? Les scientifiques n’en savent rien. Tout cela est beaucoup trop flou et incertain. De même, la composition de ces planètes demeure inconnue. Mais cela pourrait changer dans les années futures, lorsque de nouveaux télescopes (spatiaux ou non) beaucoup plus puissants, capables notamment de détecter la présence d’oxygène dans l’atmosphère des exoplanètes, seront construits et rendus opérationnels. On pense par exemple au Télescope géant européen (ou European Extremely Large Telescope), qui devrait être terminé au milieu de la décennie prochaine, ou bien au télescope spatial James Webb, qui devrait décoller en 2018.

Falcon 9 au rapport

Le premier étage de la fusée Falcon 9 paisiblement posé sur Of Course I Still Love You, quelques heures après son atterrissage. Source : SpaceX
Le premier étage de la fusée Falcon 9 paisiblement posé sur Of Course I Still Love You, quelques heures après son atterrissage. Source : SpaceX

À part ça, SpaceX va bien, merci pour eux. Ce vendredi 6 mai, ils ont une nouvelle fois réussi à faire atterrir le premier étage de leur fusée Falcon 9 sur une plateforme robotique en mer (à savoir le drone Of Course I Still Love You). Il s’agit donc de leur deuxième succès du genre d’affilée, et cela porte le nombre de fusées récupérées au nombre de trois (deux en mer, une sur terre), raison pour laquelle Elon Musk ironise sur Twitter sur le fait que leur hangar va devoir être agrandi. Cette réussite semble d’autant plus méritoire que le célèbre patron de la société californienne avait prévenu au préalable que la manœuvre serait plus compliquée cette fois-ci qu’en avril, en raison d’une descente beaucoup plus rapide du premier étage vers sa cible. En fait, le compte Twitter de la firme précise qu’il s’agit du premier booster à revenir intact d’une mission visant l’orbite géostationnaire. En effet, l’objectif principal de la fusée était de placer le satellite de télécommunications japonais JCSat-14 (un beau bébé de plus de 4 tonnes) sur cette orbite (soit à un peu moins de 36.000km d’altitude), ce dont elle s’est chargée avec succès avant de revenir au bercail. Ajoutons qu’un test de mise à feu du booster récupéré en avril devrait avoir lieu sous peu, histoire de vérifier sa capacité à être réutilisé (but ultime de la manœuvre).

ExoMars prend du retard

Prototype du rover européen de la mission ExoMars, en 2010. Copyright : Thales Alenia Space-Italy
Prototype du rover européen de la mission ExoMars, en 2010. Copyright : Thales Alenia Space-Italy

Du côté de la mission russo-européenne ExoMars, les choses sont un peu différentes. Si le couple Trace Gas Orbiter (TGO) – Schiaparelli, qui a décollé le 14 mars dernier, fait tranquillement route vers la planète rouge, la seconde partie du programme a été reportée de 2018 à 2020. Pour rappel, ExoMars 2020 (vu que c’est désormais ainsi qu’il faut l’appeler) est composée d’une plateforme scientifique fournie par Roscosmos (l’agence spatiale russe), de laquelle sera déployée un rover fourni par l’agence spatiale européenne (ESA). Schiaparelli doit servir d’atterrisseur de démonstration pour préparer cette mission, tandis que le TGO fera notamment office de relais de communications entre ExoMars 2020 et la Terre. Ce report, que l’on voyait venir à la suite d’une série de déclarations récentes (on en parlait déjà ici), est officiellement dû à des retards du côté des contractants tant russes qu’européens.

C’est tout pour cette semaine ! On se quitte avec cette photographie de Saturne et, toute petite au-dessus des anneaux de cette dernière, d’Encelade. L’image a été prise il y a un peu moins d’un an par Cassini.

Credit: NASA/JPL-Caltech/Space Science Institute
Credit: NASA/JPL-Caltech/Space Science Institute
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