Bonjour ! Cette semaine, le programme s’avère à nouveau très intéressant : si Elon Musk tire une fois de plus la couverture à lui, on s’aventure aussi du côté de Makémaké, avant de finir avec quelques décollages de fusées.

SpaceX à la conquête de Mars

Illustration d'une fusée Falcon Heavy au décollage, avec une capsule Dragon au sommet. Source : SpaceX
Illustration d’une fusée Falcon Heavy au décollage, avec une capsule Dragon au sommet. Source : SpaceX

Ce n’est pas un secret : l’objectif à long terme de SpaceX n’est autre que Mars, vers laquelle tendent tous ses efforts. Ce 27 avril, la société d’Elon Musk a franchi un pas supplémentaire en annonçant officiellement qu’elle prévoyait l’envoi d’une capsule Dragon V2 sur la planète rouge dès 2018. Boum. L’éventualité avait déjà été évoquée précédemment (ici, par exemple), mais c’est maintenant officiel et la date annoncée à de quoi surprendre : 2018, c’est dans deux ans, et ça correspond à la prochaine fenêtre de lancement vers Mars. La capsule Dragon en question sera sensiblement identique à celle construite pour envoyer des astronautes à destination de la station spatiale internationale (aussi appelée Crew Dragon, dont les premiers vols d’essai auront lieu en 2017), à ceci près qu’elle sera évidemment inoccupée. Renommée Red Dragon, elle décollera à l’aide de la future fusée Falcon Heavy et devrait s’aider de ses rétropropulseurs SuperDraco pour atterrir. Ces derniers sont développés pour permettre de sauver un équipage en cas d’abandon de mission au décollage, mais SpaceX compte également s’en servir pour faire atterrir sa capsule sur Terre après une mission vers l’ISS, ainsi que pour se poser sur Mars. Quant au lanceur Falcon Heavy, composé grosso modo de trois lanceurs Falcon 9, il faut rappeler qu’il n’a pas encore effectué le moindre vol. Continuellement reporté, son premier test devrait désormais avoir lieu avant la fin de cette année : on peut supposer que celui-ci sera crucial par rapport aux ambitions martiennes de SpaceX.

Les rétropropulseurs SuperDraco en action lors d'un test en novembre 2015. Source : SpaceX
Les rétropropulseurs SuperDraco en action lors d’un test en novembre 2015. Source : SpaceX

Combinée à un décollage à l’aide du Falcon Heavy, une mission Red Dragon serait capable d’emmener deux à quatre tonnes de matériel sur Mars. Par contre, elle ne devrait pas excéder une durée de soixante jours après l’atterrissage. Ajoutons que SpaceX bénéficie du soutien de la NASA dans cette entreprise, mais que c’est la société d’Elon Musk qui en financera l’intégralité. L’agence spatiale américaine lui offrira son expertise technique, en échange des données d’entrée atmosphérique, de descente et d’atterrissage de la capsule Red Dragon sur Mars. De plus, SpaceX aura besoin de l’aide de la NASA dans le domaine de la protection planétaire (on pense notamment aux procédures de décontamination de la capsule, etc.) Si la mission Red Dragon était couronnée de succès, SpaceX serait en tout cas la première société privée à poser un engin sur une autre planète, ce qui constituerait un nouvel exploit de taille. Reste à voir si un tel défi est vraiment réalisable en deux ans. En tout cas Elon Musk ne compte pas s’arrêter là : cet été, il devrait donner plus de détails concernant son projet à long terme de colonisation martienne. On devrait ainsi en savoir plus sur le fameux Mars Colonial Transporter, déjà évoqué à plusieurs reprises par l’entrepreneur milliardaire, qui sait ménager ses effets.

Une compagne pour Makémaké

Makemake et son petit satellite (suivez la flèche) MK-2, tels qu'observés par Hubble en avril 2015. Crédits : NASA, ESA, and A. Parker and M. Buie (SwRI)
Makemake et son petit satellite (suivez la flèche) MK-2, tels qu’observés par Hubble en avril 2015. Crédits : NASA, ESA, and A. Parker and M. Buie (SwRI)

À présent, allons faire un tour aux confins de notre système solaire, parmi les objets de la ceinture de Kuiper (les KBO : Kuiper Belts Objects) et plus précisément de la planète naine Makémaké. Il se trouve qu’une équipe de scientifiques lui a découvert tout récemment un satellite naturel. D’un diamètre de 1430 kilomètres, Makémaké est le troisième plus gros objet du genre après Pluton et Éris. Une équipe de scientifique s’est servie du télescope spatial Hubble, qui a observé Makémaké il y a un peu plus d’un an, pour découvrir cette lune, dénommée S/2015 1 avant d’être surnommée MK 2 pour plus de facilité. D’ailleurs, c’est déjà la même méthode qui avait été utilisée pour découvrir les petits satellites de Pluton, en 2011 et 2012. Cela n’a toutefois pas été facile, car MK 2 est beaucoup plus sombre que Makémaké (dont l’orbite elliptique le fait évoluer entre 5,8 et 7,9 milliards de kilomètres du Soleil) et ne mesure qu’environ 200 kilomètres. Repérer un tel objet à une distance aussi lointaine constitue donc une belle réussite à mettre au crédit de ce télescope et des scientifiques qui en analysent les données. Cette trouvaille pourrait également permettre de résoudre une énigme qui entourait Makémaké depuis sa découverte en 2005 : en effet, les analyses ont toujours révélé une surface brillante et froide (elle est en effet couverte de méthane gelé), mais inexplicablement plus chaude et sombre par endroits. La découverte de MK 2, effectivement beaucoup plus sombre, pourrait indiquer qu’il s’agissait en fait de cette dernière, confondue avec la planète naine.

Deux Soyouz, deux programmes

Goodbye Hitomi

Enfin, on achève ce billet sur une note un peu triste, mais pas vraiment surprenante : on apprend que l’agence spatiale japonaise (JAXA) a abandonné l’idée de récupérer son télescope spatial à rayons X Hitomi, dont les mésaventures ont été énumérées par ici récemment. Avec la perte de ses panneaux solaires, Hitomi ne peut plus générer d’énergie et est considéré comme trop endommagé pour être sauvé. Il s’agit clairement d’un gros gâchis pour l’astronomie.

Publicités