Salutations ! Cette semaine, on s’intéresse à un télescope spatial en grande difficulté, au trafic intense du côté de la station spatiale internationale, à une grande fusée capricieuse et une petite décidément très en forme.

Hitomi à la dérive

Illustration du télescope spatial à rayons V Hitomi, actuellement en difficulté. Source : JAXA
Illustration du télescope spatial à rayons V Hitomi, actuellement en difficulté. Source : JAXA

Fin février, on se réjouissait (ici) du décollage réussi d’un télescope japonais à rayons X : Astro-H, aussitôt renommé Hitomi. Seulement voilà, la vie est pleine de surprises parfois amères. En effet, alors que le télescope se trouvait au beau milieu d’une période de tests et de calibrage censée durer trois mois, les responsables au sol ont brutalement perdu contact avec lui le weekend dernier. Ce n’est pas tout. La perte de contact soudaine, alors que tout semblait bien se passer, s’est accompagnée d’une perte de contrôle de l’engin. Depuis, ce dernier oscille, et des débris ont été repérés dans ses environs, suggérant qu’il s’est séparé en plusieurs parties. On ne sait pas encore ce qui a pu provoquer cet incident : l’hypothèse d’un accident survenu à l’intérieur de l’engin est privilégiée, tandis que celle d’une collision avec un objet extérieur semble moins probable. Quelques jours plus tard, l’agence spatiale japonaise (JAXA) a pu brièvement reprendre contact avec le satellite, relançant l’espoir. Certains croient donc encore que le contrôle pourrait être repris sur Hitomi, même si cela prendra au mieux plusieurs mois et qu’on ne sait pas dans quel état exact il se trouve. Le défi est grand : on ignore combien de temps le télescope peut tenir le coup dans cette situation, d’autant qu’il perd de l’énergie à chaque instant et que ses panneaux solaires ne sont plus orientés vers le soleil. Enfin, les toutes dernières nouvelles sont encore plus pessimistes : une dizaine de fragments ont été repérés à l’emplacement de Hitomi, et ce dernier oscillerait de manière encore plus violente qu’estimé précédemment. Dans ces conditions, les espoirs de récupérer le contrôle sur l’engin sont presque nuls.

Des nouvelles de l’ISS

Décollage du lanceur Soyouz transportant la capsule Progress 63 ce 31 mars. Source : Roscosmos
Décollage du lanceur Soyouz transportant la capsule Progress 63 ce 31 mars. Source : Roscosmos

Par ailleurs, les mouvements ne cessent pas du côté de la station spatiale internationale (ISS) :

  • Premièrement, un cargo Progress arrivé en octobre (le Progress 61, on en parlait icis’est séparé de la station ce mercredi, avant de se désintégrer dans l’atmosphère avec les déchets qu’il contenait.
  • Le lendemain, c’est le Progress 63 qui décollait à destination de l’ISS à l’aide d’une fusée Soyouz, depuis Baïkonour, pour prendre sa place. Il contient deux tonnes et demie de ravitaillement (nourriture, eau, carburant, oxygène) destiné à l’équipage de l’Expédition 47. Après un vol de deux jours, la capsule s’est amarrée à l’ISS ce samedi avec succès.
  • Ajoutons que le trafic n’est pas encore terminé : après l’arrivée du Cygnus, le départ de Progress 61 et l’arrivée de Progress 63, c’est une capsule Dragon qui va décoller dans quelques jours. Un moment qui ne manquera pas d’importance pour SpaceX et la NASA : plus aucun Dragon n’a en effet décollé depuis la désintégration de la fusée Falcon 9 en juin dernier. On y reviendra en temps venu !

Atlas V fait des siennes

Décollage de la fusée Atlas V avec le Cygnus à bord, le 22 mars dernier. Source : NASA
Décollage de la fusée Atlas V avec le Cygnus à bord, le 22 mars dernier. Source : NASA

Enfin, la semaine dernière, on évoquait le fait que le lanceur Atlas V de United Launch Alliance (ULA) avait subi une anomalie lors de son lancement de la capsule cargo Cygnus à destination de l’ISS. Pour rappel, l’étage supérieur Centaur a dû fonctionner plus longtemps que prévu pour compenser un arrêt prématuré du premier étage de la fusée. Le premier étage s’est plus exactement arrêté six secondes avant l’heure prévue : cela peut sembler peu, mais c’est déjà trop vu que le Centaur a dû lui fonctionner pendant 60 secondes supplémentaires, avec des réserves de carburant limitées. ULA cherche évidemment la cause de l’anomalie qui, même si elle n’a pas empêché le succès de la mission, pose question. Officiellement, le problème proviendrait du système de carburant du premier étage, mais l’origine exacte de l’anomalie reste à déterminer. Le prochain vol d’Atlas V, début mai, a été reporté de quelques jours pour donner plus de temps à ULA d’analyser les données à sa disposition. Par ailleurs, on ne sait pas encore si le prochain cargo Cygnus décollera avec une fusée Atlas V ou à  nouveau avec le lanceur Antares, initialement utilisé par Orbital ATK mais qui n’a plus volé depuis son explosion en octobre 2014. Le lanceur pourrait reprendre ses vols en juin ou en juillet prochain.

New Shepard vole encore

Nouvel atterrissage réussi du lanceur New Shepard ce 2 avril. Source : https://www.blueorigin.com
Nouvel atterrissage réussi du lanceur New Shepard ce 2 avril. Source : https://www.blueorigin.com

Jeff Bezos est content, et on le comprend. Le patron de la société Blue Origin (et d’Amazon) a assisté ce weekend au troisième vol sans problème de sa fusée New Shepard. Non pas d’un autre modèle, mais de la même fusée, qui a donc déjà volé et été récupérée à trois reprises avec succès. Fin janvier, ils avaient déjà été les premiers à réutiliser une fusée suborbitale (la même que ce weekend, donc) et à la récupérer intacte une seconde fois (rappelez-vous). Cette fois-ci, New Shepard a même décollé avec deux expériences scientifiques à son bord, et pour la première fois le vol a été annoncé à l’avance. Il s’agit toujours officiellement de vols de tests (dont la fréquence devrait s’accélérer dans les mois à venir), mais Blue Origin envisage de commencer cette année les vols commerciaux, inhabités dans un premier temps. Les premiers vols de tests avec équipage devraient avoir lieu en 2017, et les vols commerciaux habités dans deux ans. Jusqu’à six touristes de l’espace pourront prendre place à bord de la capsule de New Shepard et avoir l’occasion de dépasser pendant quelques instants les 100km d’altitude, limite officielle de l’espace.

On se quitte là-dessus ! Bonne semaine !

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