Bonjour ! Cette semaine, nous allons bien évidemment surtout parler de la mission ExoMars !

Décollage de la fusée Proton ce 14 mars 2016. Copyright ESA–Stephane Corvaja, 2016
Décollage de la fusée Proton ce 14 mars 2016. Copyright ESA–Stephane Corvaja, 2016

En effet, la première partie du programme s’est envolée lundi dernier depuis Baïkonour, à bord d’une fusée russe Proton. Vu les récents déboires qu’a connus ce lanceur, on ne peut que féliciter de la réussite de ce décollage. Mais revenons aux fondamentaux : ExoMars, c’est quoi ? À la base, il s’agit d’une coopération entre l’agence spatiale européenne (ESA) et l’agence spatiale américaine (NASA) en vue d’une série de missions vers la planète Mars. En tout cas, ce fut le cas de 2009 à 2012, année durant laquelle la NASA s’est retirée du partenariat pour une question de budget. Qu’à cela ne tienne, l’ESA s’est trouvé un nouveau partenaire : Roscosmos, l’agence spatiale russe, dont une fusée Proton avait déjà expédié la mission Mars Express avec succès en 2003 (la sonde est d’ailleurs toujours en orbite). Le programme ExoMars se compose de deux parties. La première a décollé cette semaine : elle comporte un orbiteur, le Trace Gas Orbiter (TGO), et un atterrisseur, l’Entry, Descent and Landing Demonstrator Module, surnommé plus joliment Schiaparelli. La principale mission du TGO est d’étudier l’atmosphère martienne, et notamment d’y détecter des gaz tels que le méthane. De plus, il servira aussi de relais de communications. En effet, il assurera une partie du transfert des données vers la Terre pendant la descente atmosphérique de Schiaparelli (la sonde européenne Mars Express, présente depuis 2003, en assurera une autre), mais il servira également de relais pour les rovers américains déjà sur place (Opportunity et Curiosity). Après son arrivée en orbite martienne (où elle rejoindra Mars Express, les sondes américaines Mars Reconnaissance Orbiter, Mars Odyssey et MAVEN, ainsi que la sonde indienne Mars Orbiter Mission), le TGO mettra encore une grosse année pour atteindre son orbite finale (l’orbite scientifique) : à cette fin, il utilisera la technique dite de l’aérofreinage. Cette technique (dont l’ESA se servira pour la première fois autour d’une autre planète) permet de ralentir un engin, et d’abaisser son orbite, en utilisant un minimum de carburant. Une méthode lente, mais efficace. Du coup, le TGO ne commencera réellement ses opérations qu’en novembre 2017.

Illustration de la séquence d'atterrissage de Schiaparelli, qui devrait avoir lieu en octobre prochain. Copyright ESA/ATG medialab
Illustration de la séquence d’atterrissage de Schiaparelli, qui devrait avoir lieu en octobre prochain. Copyright ESA/ATG medialab

Schiaparelli, lui, aura pour rôle principal de démontrer la capacité de l’Europe à faire atterrir un engin sur Mars. On se souvient que, en 2003, la tentative de faire atterrir le module britannique Beagle 2 avait échoué (en fait, l’atterrisseur s’était bel et bien posé : en 2015, Mars Reconnaissance Orbiter l’a retrouvé partiellement déployé). Si tout se passe comme prévu, Schiaparelli sera largué par le TGO le 16 octobre prochain, et la phase d’atterrissage aura lieu trois jours plus tard, le 19 octobre. Assurément une date à retenir ! L’atterrisseur devrait alors étudier son environnement pendant trois jours, approximativement. En fait, son rôle est surtout de préparer le terrain pour la seconde phase du programme ExoMars, bien plus ambitieuse. Celle-ci comprendra en effet un rover européen et une plate-forme scientifique de surface fournie par la Russie. Actuellement, cette seconde partie du programme est officiellement prévue pour 2018, mais le risque est de plus en plus grand de la voir reportée à 2020, pour des questions à la fois financières et techniques. Rien n’est encore certain à ce sujet, mais nous devrions être fixés cet été. En attendant, l’envoi du couple TGO/Schiaparelli s’est déroulé sans aucun problème. Passé le décollage initial, il a fallu quatre poussées supplémentaires du dernier étage de la fusée (« Briz-M ») pour expédier définitivement la mission vers Mars. En tout, douze heures de stress avant d’être absolument certain que le TGO se trouve sur la bonne orbite, soit capable de communiquer et ait déployé ses panneaux solaires. Vont s’en suivre sept mois de voyage avant la délicate phase d’arrivée. Notons en tout cas que, si tout se passe bien, il s’agira de la seconde mission martienne réussie pour l’Europe (après Mars Express), et la première pour la Russie, dont toutes les tentatives précédentes se sont soldées par des échecs.

Arrivée de la capsule Soyouz à proximité de l'ISS, dans la nuit de vendredi à samedi. Source : NASA
Arrivée de la capsule Soyouz à proximité de l’ISS, dans la nuit de vendredi à samedi. Source : NASA

Enfin, et on va se quitter là-dessus, un autre décollage important a eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi : l’envoi de trois personnes à bord de la Station spatiale internationale. Une fusée Soyouz a en effet propulsé l’Américain Jeff Williams ainsi que les Russes Oleg Skripotchka et Alekseï Ovtchinine, qui ont atteint l’ISS à l’aide de leur capsule Soyouz après un vol automatique de six heures. Ils complètent ainsi l’Expédition 47 et portent à nouveau le nombre d’occupants de l’ISS à six personnes. Âgé de 58 ans, Jeff Williams en est à quatre missions spatiales, toutes liées à l’histoire de la station orbitale. En effet, il a visité cette dernière pour la première fois en 2000, pour une mission de ravitaillement effectuée à l’aide de la navette spatiale Atlantis. À l’époque, l’ISS était inhabitée et composée de seulement deux modules. Il a par après occupé l’ISS en 2006 (Expédition 13) et 2009 (Expéditions 21 et 22). Sept ans plus tard, il la retrouve donc pour une nouvelle mission de six mois. Alekseï Ovtchinine effectue lui son premier vol spatial, tandis que Oleg Skripotchka en est à sa seconde mission à bord de l’ISS (la première était à cheval sur 2010 et 2011, les Expéditions 25 et 26). Bonne semaine !

Publicités