Bonjour ! Cette semaine on s’intéresse à un retour sur Terre attendu et à un véhicule expérimental.

Atterrissage en douceur de la capsule Soyouz et de ses trois occupants, ce 2 mars 2016. Crédits : NASA/Bill Ingalls
Atterrissage en douceur de la capsule Soyouz et de ses trois occupants, ce 2 mars 2016. Crédits : NASA/Bill Ingalls

Ils sont de retour ! Après avoir passé presque un an dans l’espace, Scott Kelly et Mikhail Kornienko sont revenus sur Terre ce 2 mars 2016 à bord d’une capsule Soyouz. Ils avaient décollé le 27 mars 2015 pour une mission historique : la plus longue jamais menée à bord de la Station spatiale internationale (nous en parlions par ici). Durant cette période, ils ont effectué plus de 5440 orbites de la Terre et réalisé environ 400 expériences dans des domaines variés (biologie, robotique, etc…).  Le troisième occupant de la capsule, Sergei Volkov, est lui revenu après une mission standard de six mois, mettant fin à l’Expédition 46. L’une des particularités de cette mission d’un an concerne Scott Kelly. En effet, l’astronaute américain a un frère jumeau, Mark Kelly (retraité de la NASA), qui a participé aux mêmes expériences que son frère, mais à la surface. But de l’opération ? Comparer les effets de l’espace sur le corps humain, en poussant l’étude jusqu’au niveau cellulaire. Au cours de cette mission, Scott Kelly est par ailleurs devenu l’astronaute américain à avoir passé le plus de temps dans l’espace au cours d’un seul vol. Le record absolu est lui toujours tenu par le Russe Valeri Polyakov, qui a passé 437 jours d’affilée à bord de la station Mir en 1994 et 1995. Il s’agissait d’ailleurs de la quatrième mission spatiale de l’Américain, qui participé par le passé à deux vols à bord de la navette spatiale (Discovery en 1999 et Endeavour en 2007) et aux Expéditions 25 et 26 à bord de l’ISS, en 2010. En ce moment, ils ne sont donc plus que trois à bord de l’ISS : l’Américain Tim Kopra (qui a repris le commandement de la station à Scott Kelly), le Britannique Tim Peake et le Russe Youri Malachenko. Ils seront bientôt rejoints par le reste de l’Expédition 47 (Jeff Williams, Oleg Skripotchka et Alekseï Ovtchinine).

Concept de XS-1 selon la société Master Space Systems. Source : http://masten.aero/
Concept de XS-1 selon la société Master Space Systems. Source : http://masten.aero/

Passons à tout autre chose. Vous connaissiez le X-37B, la petite navette spatiale automatique de l’armée américaine, actuellement en orbite, mais avez-vous entendu parler du XS-1 ? Le site Spacenews.com rapporte en effet que la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) cherche à développer un nouvel avion spatial expérimental. Pourquoi faire ? Contrairement au X-37B, le XS-1 n’aurait pas pour vocation de rester en orbite plusieurs mois durant. En fait, la DARPA souhaite plutôt développer un lanceur léger réutilisable capable d’effectuer une dizaine de vols en autant de journées, et de placer sur orbite une charge utile d’environ 1,8 tonne à chaque fois. Ambitieux. Le programme n’en est cela dit qu’à ses débuts et trois équipes de deux sociétés sont en compétition pour concevoir l’engin, on retrouve d’ailleurs quelques noms bien connus : premièrement Boeing et Blue Origin, deuxièmement Masten Space Systems et XCOR Aerospace, troisièmement Northrop Grumman et Virgin Galactic. Ce n’est pas la première fois que l’armée américaine cherche à développer ce type de technologie, mais toutes ses tentatives précédentes se sont soldées par des échecs. Le projet X-33, à la fin des années 1990, aurait par exemple dû aboutir au véhicule VentureStar. Comme la navette spatiale américaine, cet engin (conçu par Lockheed Martin) devait décoller horizontalement et atterrir verticalement, mais n’aurait pas eu besoin de réservoir ou de booster d’appoint pour décoller. Le projet, déjà bien avancé, mais probablement trop ambitieux pour son époque, fut finalement annulé en février 2001 en raison de l’immaturité des technologies nécessaires à sa mise au point.

Décollage de Falcon 9 ce 4 mars 2016. Source : https://www.flickr.com/photos/spacexphotos/
Décollage de Falcon 9 ce 4 mars 2016. Source : https://www.flickr.com/photos/spacexphotos/

Enfin, quelques nouvelles de SpaceX, dont une fusée Falcon 9 a mis avec succès le satellite de télécommunications SES-9 sur orbite géostationnaire. Le vol a eu lieu ce 4 mars, et il s’agissait de la cinquième tentative de lancement, les quatre précédents comptes à rebours ayant dû être interrompus pour des raisons diverses (techniques, météorologiques, ou encore en raison de la présence d’un navire dans la zone de décollage). Étant donné le profil particulier de cette mission (une mise sur orbite géostationnaire, qui demande une grande quantité de carburant) Elon Musk avait prévenu qu’il ne s’attendait pas à réussir à récupérer le premier étage de sa fusée. La plateforme robotique a pourtant bel et bien été déployée et la récupération tentée : sans succès. Comme « annoncé », la fusée a effectué un « atterrissage dur » sur la plateforme. Elon Musk s’attend toutefois à un meilleur succès lors du prochain vol de Falcon 9.

On se quitte pour cette semaine avec les adieux de Scott Kelly à l’ISS !

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