Bonjour ! Cette semaine, un billet express dans lequel nous traitons des dernières découvertes concernant Charon et de l’hypothétique neuvième planète qui se baladerait aux confins du système solaire. Bonne lecture !

Vue rapprochée de certains grands canyons de Charon. Crédits: NASA/JHUAPL/SwRI
Vue rapprochée de certains grands canyons de Charon. Crédits: NASA/JHUAPL/SwRI

Prenons tout d’abord quelques nouvelles de Charon. L’analyse des données transmises par New Horizons, et notamment son instrument LORRI (Long-Range Reconnaissance Imager) bat son plein et révèle quelques informations intéressantes sur le plus gros satellite de Pluton. En effet, la présence de gigantesques gouffres, crêtes et autres vallées (d’une profondeur allant parfois jusqu’à 7,5 kilomètres, sachant que par comparaison le Grand Canyon est profond de 1,6km) laisse à penser qu’elle aurait pu abriter, il y a bien longtemps, un océan sous sa surface. Le raisonnement suivi est assez simple à comprendre. On sait aujourd’hui que Charon abrite une grande quantité de glace d’eau. Or à ses débuts, le petit corps produisait de la chaleur (à la fois à cause de son processus de formation et de la désintégration d’éléments radioactifs) qui aurait pu suffire à maintenir de l’eau liquide, et donc à créer un océan sous-terrain. Ensuite, en vieillissant, Charon s’est refroidie et son possible océan aurait gelé. Et comment réagit l’eau quand elle gèle ? Elle se dilate. L’expansion de tout un océan à l’échelle planétaire pourrait ainsi être la source de la surface très accidentée que nous observons sur Charon.

flpubfig6_fr_ret_72dpi
Copyright : J. LASKAR/GEOAZUR/IMCCE/OBSPM

Beaucoup plus loin dans le système solaire, souvenez-vous de la nouvelle selon laquelle une neuvième planète comparable à Neptune rôderait sans que nous ayons jamais pu l’observer. Son éloignement et son orbite excentrique la rendent très difficile à détecter, mais des chercheurs français pensent en savoir plus sur sa position probable. En combinant les conclusions de l’équipe américaine à l’origine de la publication de janvier 2016, qui a fait grand bruit, et leurs propres travaux (débutés bien avant janvier), ces chercheurs du CNRS ont pu non seulement confirmer l’hypothèse de la présence d’une neuvième planète, mais, en plus, « réduire de moitié l’incertitude quant aux positions possibles d’une éventuelle planète ». Ils ont ainsi pu définir des zones d’exclusion (où il est très improbable de la trouver), des zones où sa présence est « possible » et d’autres où elle est « probable ». Notons que les données récoltées par la sonde Cassini, en orbite autour de Saturne depuis 2004, ont été d’une grande utilité. Jacques Laskar, interviewé sur le site du CNRS, suggère même qu’une prolongation de sa mission de trois ans (de 2017 à 2020) permettrait de réduire bien davantage l’incertitude quant à sa position. Cela dit, il compte aussi sur l’arrivée de la sonde Juno dans les environs de Jupiter, cet été, pour obtenir de nouvelles données utiles. Pour plus de détails, je vous invite à vous rendre sur cette page pour lire son interview en français.

C’est déjà la fin de ce billet express ! On se quitte avec cette photographie prise par Cassini à la fin du mois de novembre 2015. On y aperçoit la lune Téthys, au premier plan, ainsi que la toute petite Janus et, bien sûr, les anneaux de Saturne. Superbe, non ?

Crédits : NASA/JPL-Caltech/Space Science Institute
Crédits : NASA/JPL-Caltech/Space Science Institute
Publicités