Bonjour ! Cette semaine on s’intéresse surtout au tourisme spatial, qui tarde à décoller malgré les ambitions dévorantes de certains. Ensuite, on enchaîne avec un télescope japonais.

A gauche : le nouveau SpaceShip Two. A droite, un bout du White Knight Two. Au milieu, Richard Branson et sa belle chevelure blonde. Source : http://www.virgingalactic.com/
A gauche : le nouveau SpaceShip Two. A droite, un bout du White Knight Two. Au milieu, Richard Branson et sa belle chevelure blonde. Source : http://www.virgingalactic.com/

Commençons donc avec un peu de tourisme spatial, que la société Virgin Galactic, détenue par l’excentrique Richard Branson, tente de développer depuis plus d’une décennie. Vous vous en souvenez peut-être : le 31 octobre 2014, l’avion spatial SpaceShipTwo s’écrasait dans le désert de Mojave durant un vol de test. L’accident, provoqué par une erreur de pilotage, a causé la mort d’un des deux pilotes et blessé gravement le second, donnant un sérieux coup de freins aux ambitions de la société américaine. Cette semaine pourtant, comme si elle voulait prouver qu’elle s’était remise du choc, Virgin Galactic a dévoilé en grande pompe son nouveau SpaceShipTwo au public. Dénommé VSS Unity, cette seconde version ne diffère en fait pas tellement du précédent véhicule, même si des modifications y ont été apportées, notamment pour empêcher une réédition de l’accident d’octobre 2014.

Mais au fond, en quoi consiste-t-il, cet avion spatial ? Petit rappel historique. Le SpaceShipTwo succède au SpaceShipOne qui, en 2004, a permis à la société Scaled Composites de remporter le Ansari X Prize en effectuant le premier vol spatial habité financé sur des fonds privés (tiens ? X Prize ? Ça ne vous rappelle rien ?). Plus précisément, remportait ce prix (et 10 millions de dollars) la première société privée capable d’envoyer le même véhicule habité dans l’espace deux fois en deux semaines. Durant cette même période (septembre-octobre 2004), la société Virgin Galactic est créée suite à un accord conclu entre Richard Branson et Burt Rutan, fondateur de Scaled Composites. But de l’opération : capitaliser sur le succès du SpaceShipOne pour développer le tourisme spatial. Le SpaceShipTwo succède donc à cet engin pionnier et fonctionne de la façon suivante. Il décolle attaché au ventre de son vaisseau mère (le WhiteKnightTwo) jusqu’à atteindre l’altitude de 14 kilomètres. Là, il est largué et enclenche ses propres moteurs pour atteindre une altitude de 100 kilomètres, à savoir la limite de l’espace internationalement reconnue. Les touristes de l’espace ont alors quelques minutes pour profiter de leur nouveau statut d’astronaute, avant l’inévitable retour sur Terre (il s’agit d’un vol suborbital, un tel engin n’a pas assez de puissance pour se placer en orbite). Le véhicule emportera huit personnes, y compris ses deux pilotes.

Le précédent SpaceShipTwo attaché au White Knight Two lors d'un vol de test. Source : http://www.virgingalactic.com/
Le précédent SpaceShipTwo attaché au White Knight Two lors d’un vol de test. Source : http://www.virgingalactic.com/

Il faudra, cela dit, encore un certain temps avant que les premiers clients de Virgin Galactic embarquent à bord du SpaceShipTwo : ce dernier doit encore passer par toute une panoplie de tests avant d’être opérationnel, et la société de Richard Branson a refusé de dévoiler le moindre calendrier. Le projet ayant pris énormément de retard et été reporté maintes fois (les premiers vols étaient espérés en 2009), on comprend leurs réticences à s’avancer davantage. Rappelons au passage que le tourisme spatial n’est pas quelque chose de spécialement nouveau : entre 2001 et 2009, sept personnes ont acquis ce statut (le premier d’entre eux fut Dennis Tito). Après avoir déboursé entre 20 et 40 millions de dollars à la société américaine Space Adventures, ils ont pris le chemin de la Station spatiale internationale à bord d’une capsule Soyouz, après un entraînement de longue haleine en Russie, puis sont revenus avec le même véhicule. Fin 2015, la chanteuse britannique Sarah Brightman aurait dû devenir la huitième touriste de l’espace en accompagnant Sergei Volkov et Andreas Mogensen à bord de l’ISS, mais a renoncé à son vol (elle fut finalement remplacée par l’astronaute kazakh Aidyn Aimbetov). Grosso modo, l’objectif de Virgin Galactic est donc de faire du tourisme spatial un marché qui ne serait pas uniquement limité aux multimillionnaires, ce qui ferait évidemment ses affaires. Blue Origin, qui développe également un véhicule réutilisable (le fameux New Shepard) à des fins de tourisme spatial, ne vise d’ailleurs pas autre chose. Quant à savoir si un tel but est réalisable, voire même souhaitable dans le cadre de l’exploration spatiale, nous ne serons fixés au mieux que dans une ou deux décennies.

Illustration du télescope spatial Hitomi. Source : http://global.jaxa.jp/
Illustration du télescope spatial Hitomi. Source : http://global.jaxa.jp/

Du côté du Japon, on se réjouit du décollage réussi d’une fusée H-IIA ce mercredi (le premier des deux prévus cette année). À son bord ? Un télescope spatial à rayons X dénommé Astro-H, puis aussitôt renommé Hitomi (« pupille » en japonais) après sa mise en orbite. Développé par l’agence spatiale japonaise (JAXA) avec l’aide de partenaires internationaux (ESA, NASA, agence spatiale canadienne…), ce satellite de trois tonnes doit observer l’univers pendant les trois prochaines années. À l’instar de Chandra et d’une série d’autres observatoires similaires (dont certains déjà lancés par le Japon, comme le télescope Suzaku), Hitomi détecte les rayons X, un type de rayonnement invisible à l’œil humain. Pour quoi faire ? En gros, permettre d’en savoir plus sur des babioles telles que : la structure de l’univers, les trous noirs (qui émettent beaucoup de rayons X lorsqu’ils absorbent de la matière), la matière noire ou encore l’énergie sombre. Bref, de quoi approfondir un peu notre connaissance de l’univers.

On se quitte avec le vaisseau cargo Cygnus, qui a quitté l’ISS ce vendredi pour aller se désintégrer dans l’atmosphère avec, à son bord, plus d’une tonne de déchets. Arrivé le 15 décembre, le vaisseau développé par Orbital ATK est resté arrimé plus de deux mois à l’ISS. Le prochain décollage d’un Cygnus, propulsé par une fusée Atlas V (avant la reprise des vols de la fusée Antares) est d’ores et déjà prévu pour la fin du mois de mars. Avant ça, toutefois, il faut s’attendre à un peu de trafic dans les parages : le 1er mars, trois astronautes vont revenir sur Terre à bord d’une capsule Soyouz (Scott Kelly, Mikhail Kornienko, et Sergey Volkov), marquant la fin de l’Expédition 46 et le début de l’Expédition 47. Ils seront remplacés deux semaines plus tard par Jeff Williams, Oleg Skripotchka et Alekseï Ovtchinine.

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