Bonjour ! Cette semaine, on revient brièvement sur la première détection directe d’ondes gravitationnelles (avec quelques liens pour en savoir plus), et sur Philae à qui l’ont doit vraisemblablement dire adieu.

Cela n’a probablement pas échappé à grand monde : la grosse actu scientifique de la semaine concerne les ondes gravitationnelles et, vu la complexité du domaine, on ne va pas trop s’attarder sur les détails. Signalons simplement qu’il s’agit de la première détection du passage par la Terre de ce phénomène, prédit par Albert Einstein il y a un peu plus d’un siècle. Ces ondes ont été produites par la collision de deux trous noirs à 1,3 milliard d’années-lumière de la Terre (c’est loin, et ça fait longtemps) et c’est le détecteur américain LIGO (Laser Interferometer Gravitational-wave Observatory), un interféromètre, qui a capté la minuscule déformation de l’espace-temps provoquée par leur passage. Précisons que des ondes gravitationnelles avaient déjà pu être repérées par le passé, mais que c’est bel et bien la première fois qu’on détecte directement leur passage par la Terre.  Et ce n’est pas tout, cette découverte apporte par la même occasion la première preuve directe de l’existence des trous noirs, qui n’avaient pu être « observés » que de façon indirecte jusqu’à présent.

Illustration de LISA Pathfinder, actuellement au travail au point de Lagrange L1 (à 1,5 millions de km de la Terre). Copyright ESA–C.Carreau
Illustration de LISA Pathfinder, actuellement situé au point de Lagrange L1 (à 1,5 million de km de la Terre). Copyright ESA–C.Carreau

Cette annonce tombe plutôt bien. Rappelez-vous : il y a un peu plus de deux mois, nous évoquions le décollage du satellite LISA Pathfinder, dont l’objectif est précisément de permettre l’observation et l’étude plus approfondie des ondes gravitationnelles. LISA Pathfinder doit en fait tester les technologies nécessaires au projet eLISA. Composé de trois satellites (qui ne devraient toutefois pas décoller avant les années 2030), il s’agira du « premier observatoire spatial d’ondes gravitationnelles », en plus des observatoires terrestres que sont LIGO, Virgo (situé en Italie et actuellement en phase de maintenance) et Kagra (qui devrait être inauguré en 2018 au Japon).

Pour plus de détails, je vous renvoie à cet article du Monde ou à celui du magazine Ciel et Espace. En vidéo, je vous conseille également de passer par le site du CNRS ou bien de jeter un œil ci-dessous.

Tchouri photographiée à 53,4km d'altitude par Rosetta le 5 février dernier. Copyright ESA/Rosetta/NavCam
Tchouri photographiée à 53,4km d’altitude par Rosetta le 5 février dernier. Copyright ESA/Rosetta/NavCam

Pour rester du côté des projets européens, ce n’est pas vraiment une surprise : les chances d’avoir encore des nouvelles de Philae sont désormais quasi nulles. Malgré son bref réveil en juillet dernier, le petit atterrisseur européen n’a jamais vraiment pu se remettre de son arrivée rocambolesque sur la compète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko en novembre 2014. L’équipe chargée de le contrôler a en tout cas cessé de lui envoyer des ordres, signe que les espoirs ont quasiment disparu. En fait, le problème est assez simple : plus la comète s’éloigne du Soleil, plus l’orbiteur Rosetta peut s’en rapprocher (il est actuellement à 50km d’altitude) et multiplier ses chances de recevoir un signal de Philae. Malheureusement, dans le même temps, la lumière captée par les panneaux solaires de l’atterrisseur se fait de moins en moins présente, le privant d’énergie et donc de possibilités de communiquer (ou de fonctionner). Un survol très rapproché de la zone où s’est posé Philae pourrait être tenté dans les prochaines semaines, mais la manœuvre est peu probable, car dangereuse pour Rosetta. L’été prochain, par contre, cela devrait être faisable. Malgré tout, les responsables de la mission affirment que Philae a réussi à effectuer 80% des opérations scientifiques prévues durant sa période d’activité à la surface (d’une durée d’environ 60 heures), ce qui reste un beau succès.

Pour terminer, ça vous dirait une petite visite sur Mars ? La vidéo ci-dessous (à 360°) nous emmène du côté de la dune de Namib, explorée par Curiosity vers la mi-décembre 2015. Plutôt sympa, non ?

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