Bonjour ! Cette semaine, un court billet pour nous souvenir d’un moonwalker récemment décédé, avant d’enchaîner sur des photos chinoises, une sortie dans l’espace réussie et des petits satellites enthousiasmants.

Edgar Mitchell sur la Lune, lors de la mission Apollo 14.
Edgar Mitchell sur la Lune, lors de la mission Apollo 14. Source : NASA

Cette semaine, la sixième personne à avoir marché sur la Lune nous a quittés. Il s’agit d’Edgar Mitchell, membre de l’équipage d’Apollo 14, décédé jeudi à l’âge de 85 ans, 45 ans pile (ou presque, à un jour près) après son alunissage en février 1971. Au cours de la mission Apollo 14, Alan Shepard (commandant de la mission, et premier Américain dans l’espace une décennie auparavant) et Edgar Mitchell ont passé plus de trente-trois heures sur la Lune, dont plus de neuf en sortie extravéhiculaire (à savoir dans leur combinaison). Les deux astronautes ont procédé à de nombreuses expériences scientifiques et collecté 45kg de roches lunaires, qu’ils ont ensuite ramenées sur Terre. C’est aussi pendant cette mission qu’Alan Shepard s’est laissé aller à une petite partie de golf devenue célèbre. Le tout s’est déroulé là où aurait dû se poser Apollo 13 (le site Fra Mauro), quelques mois seulement après cette mission mouvementée durant laquelle tout l’équipage à bien failli périr (et dont le sauvetage constitue, paradoxalement, une des plus grandes réussites de la NASA). Par ailleurs, Edgar Mitchell était connu pour ses positions controversées par rapport au paranormal et aux OVNI (certains diraient qu’il est même sérieusement parti en vrille après son escapade là-haut), mais cela ne regarde finalement que lui. En attendant, c’est une des douze personnes (d’Apollo 11 à Apollo 17) à s’être baladé sur la Lune, et le cinquième à nous quitter. Rien que pour ça, ça valait la peine d’en parler un peu.

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Chinese Academy of Sciences / China National Space Administration / The Science and Application Center for Moon and Deepspace Exploration / Emily Lakdawalla

En parlant de la Lune, réjouissons-nous : la Chine a rendu publiques toutes les données collectées par l’atterrisseur Chang’e 3 et le rover Yutu. Les photos prises par l’atterrisseur peuvent être vues ici et celles du rover par là. Pour rappel, l’alunissage de Chang’e 3 a fait de la Chine la troisième puissance capable de poser un engin sur la Lune, après l’URSS et les États-Unis. Emily Lakdawalla, de la Planetary Society, en a sélectionné quelques-unes que l’on peut admirer par ici.

Rapprochons-nous de la Terre, mais restons néanmoins sur orbite, simplement pour signaler que la deuxième sortie extravéhiculaire de l’année du côté de la Station spatiale internationale s’est bien déroulée. Les Russes Youri Malachenko et Sergei Volkov se sont aventurés pendant quatre heures et quarante-cinq minutes dans le vide spatial, le temps notamment de récupérer quelques expériences scientifiques qui traînaient (par exemple une expérience d’astrobiologie menée par l’agence spatiale européenne durant laquelle des éléments biologiques et biochimiques ont été soumis au vide et aux radiations spatiales).

Enfin, venons-en à l’Exploration Mission-1, toujours prévue pour 2018. À la fois premier vol du Space Launch System (SLS) et second test sans équipage de la capsule spatiale Orion (le premier, c’était en décembre 2014), il s’agit évidemment d’une mission très importante pour la NASA. Toutefois, il aurait été dommage de ne pas profiter de l’énorme puissance du Space Launch System pour effectuer quelques expériences scientifiques au passage. C’est en tout cas ce que s’est dit la NASA, qui a décidé d’y ajouter pas moins de treize CubeSats (des petits satellites scientifiques très compacts) qui seront déployés au cours de la mission. Il s’agit effectivement d’une très belle opportunité d’utiliser ces engins au-delà de l’orbite terrestre (où ils sont habituellement cantonnés). Sept d’entre eux ont justement été dévoilés cette semaine, et en voici la liste :

  • Skyfire effectuera un survol de la Lune, durant lequel il récoltera des données à propos de sa surface.
  • Lunar IceCube se placera en orbite à environ 100 mètres de la surface lunaire pour y chercher de la glace d’eau et d’autres ressources.
  • NEA Scout (ou Near-Earth Asteroid Scout) va déployer une voile solaire (souvenez-vous du LightSail) pour filer vers un astéroïde proche de la Terre et l’étudier.
  • BioSentinel va embarquer de la levure dans le vide spatial pour étudier l’impact des radiations de l’espace profond sur les organismes vivants.
  • Lunar Flashlight va rechercher des dépôts de glace sur la Lune et les endroits d’où elle pourrait être extraite.
  • CuSP, une « station météo spatiale », va étudier les champs magnétiques et les particules.
  • LunaH-Map cartographiera la présence d’hydrogène à l’intérieur des cratères et d’autres endroits peu visibles (car dans l’ombre) situées près du pôle Sud lunaire.

Six autres projets doivent encore être dévoilés : trois d’entre eux seront sélectionnés selon leurs capacités à innover dans le domaine de la propulsion et des communications, tandis que les trois derniers proviendront de partenaires internationaux. Quant à la capsule d’Orion qui sera testée sur ce vol, elle a récemment été transportée jusqu’au Kennedy Space Center, après sa première phase d’assemblage en Nouvelle-Orléans. C’est d’ailleurs sur cette image de capsule en partie assemblée que nous nous quittons. À la semaine prochaine !

Source : NASA
Source : NASA

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