Bonjour ! Cette semaine est essentiellement consacrée au dénouement de la compétition concernant transport de cargaison à destination de la Station spatiale internationale. Cette fois-ci, il n’y a pas un, ni deux, mais trois vainqueurs !

Illustration du Dream Chaser Cargo System tel qu'il ressemblera une fois arrimé à l'ISS. Source : http://www.sncspace.com/
Illustration du Dream Chaser Cargo System tel qu’il ressemblera une fois arrimé à l’ISS. Source : http://www.sncspace.com/

Après de multiples reports, la NASA a finalement pris une décision concernant le ravitaillement de la Station spatiale internationale. On en a déjà parlé précédemment (ici, par exemple) : les États-Unis ont confié à des entreprises privées la tâche d’assurer leur part de ravitaillement de l’ISS en matériel, nourriture, expériences scientifiques, et autres joyeusetés. Depuis 2012, ce sont d’une part SpaceX et sa capsule Dragon, d’autre part Orbital ATK et son vaisseau Cygnus, qui se chargent de ce travail, le tout dans le cadre de gros contrats signés avec la NASA : les Commercial Resupply Services (ou CRS). Cette phase bat actuellement son plein, malgré quelques ratés (on déplore un échec pour chacune des deux sociétés), mais il était temps de penser à l’avenir. En effet, un second round de ravitaillement, les Commercial Resupply Services 2 (CRS-2) débutera à partir de 2019, la question à plusieurs milliards de dollars étant de savoir quelles compagnies reprendraient le flambeau. Si SpaceX et Orbital ATK étaient assez logiquement candidates, d’autres entreprises se sont également montrées intéressées : Lockheed Martin (dont le projet était décrit par ici), Boeing et Sierra Nevada Corporation, des acteurs majeurs du milieu spatial aux États-Unis. La dernière fois que le sujet a été évoqué sur ce site, c’était pour annoncer l’élimination des deux premières citées. Il ne restait donc que trois candidats, dont Sierra Nevada et son petit avion spatial inhabité Dream Chaser (que l’on décrit plus en détails ici). Et bien, il se trouve que les prédictions selon lesquelles la NASA n’éliminerait plus personne, et parierait au passage sur cette petite navette, se sont révélées fondées. Le Dream Chaser, dans sa version Cargo System, prendra bel et bien son envol à partir de 2019, et c’est la fusée Atlas V (United Launch Alliance) qui l’expédiera dans l’espace. Bref, si l’on résume : SpaceX et Orbital ATK vont continuer à assurer le ravitaillement de l’ISS jusque 2024, tandis que Sierra Nevada Corporation va se joindre à eux dès 2019.

Voici comment se présentera le Dream Chaser Cargo System, replié à l'intérieur du dernier étage d'Atlas V. Source : http://www.sncspace.com
Voici comment se présentera le Dream Chaser Cargo System, replié à l’intérieur du dernier étage d’Atlas V. Source : http://www.sncspace.com

Évidemment, il est difficile de ne pas penser à la défunte navette spatiale lorsqu’on examine le profil de cet engin à décollage vertical et atterrissage horizontal. L’un des gros avantages du Dream Chaser, c’est précisément son retour sur Terre : le fait de revenir en douceur, en se posant sur une piste d’atterrissage classique, est particulièrement intéressant dans le cadre du rapatriement d’expériences scientifiques délicates. Si le Dragon est capable de mener à bien cette tâche, son retour dans l’océan est quelque peu violent, et la récupération du matériel qu’il contient peut prendre un certain temps.  Quant au Cygnus, il se désintègre dans l’atmosphère et ne sert « qu’à » vider l’ISS d’une partie de ses déchets (il en va de même pour le Progress russe et le HTV japonais). En choisissant trois sociétés distinctes pour assurer le transport de fret, la NASA limite ainsi les risques de se retrouver privée de véhicule cargo (c’est arrivé l’an dernier après les incidents consécutifs d’Orbital ATK et de SpaceX), mais en profite aussi pour se donner plus de latitude : avec trois engins complémentaires, elle pourra s’adapter plus efficacement au type de cargaison à transporter. Plus généralement, la NASA annonce avoir tiré les leçons du passé. Par exemple, chaque compagnie effectuera un minimum de six missions (actuellement, les contrats portent sur la quantité de fret à transporter et non pas sur le nombre de vols) tout en s’engageant à prendre une assurance en cas de dégâts causés aux installations de lancement. En 2014, l’explosion de la fusée Antares (Orbital ATK) au décollage avait gravement endommagé la base de Wallops, en Virginie, obligeant la NASA à payer pour les réparations.

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L’astronaute britannique Tim Peake en train de tester son scaphandre, ce 15 janvier. Copyright : ESA/NASA

Et pour enchaîner, deux infos express :

On se quitte avec une vidéo aussi étonnante qu’appropriée. En 2013, l’astronaute canadien Chris Hadfield (désormais à la retraite) publiait une reprise de Space Oddity, dont le clip a été filmé à bord de la Station spatiale internationale. La vidéo, vue plus de 29 millions de fois sur Youtube, constitue un bien bel hommage à David Bowie.

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