Bonjour ! C’est l’automne, les nuits s’allongent et les fusées changent de couleur. C’est le sujet principal de ce billet, accompagné de quelques brèves. Bonne lecture !

Le nouveau design officiel du Space Launch System, dans sa variante Block 1. Crédit : NASA
Le nouveau design officiel du Space Launch System, dans sa variante Block 1. Crédit : NASA

Le développement du Space Launch System (SLS), la future fusée de la NASA qui propulsera la capsule spatiale Orion, a officiellement atteint une nouvelle étape cette semaine. Comme l’indique l’agence spatiale américaine sur son site, c’est même la première fois en presque quarante ans qu’une fusée américaine destinée au transport d’astronautes atteint ce stade, il s’agit donc déjà d’une information en soi. Toutefois, un « détail » présent sur les nouvelles illustrations officielles de la fusée ne manque pas d’attirer l’oeil : sa nouvelle couleur. Jusqu’à présent, les images d’artistes utilisées pour illustrer le SLS au grand public (comme celle utilisée dans le billet de la semaine dernière) montraient une grande fusée toute en noir et blanc. Mais ça, c’était avant. A présent, accueillez le SLS orange. Ca ne vous rappelle rien ? Allez, un petit effort. Mais oui, ça vous fait penser à la navette spatiale, et c’est bien normal car les technologies en jeu sont très similaires.

Pourquoi ? En fait, quiconque a déjà vu une photo du décollage de la navette (si non, jetez un oeil ci-dessous) a inévitablement pu constater que cette dernière n’était pas constituée que d’un avion spatial. En plus de l’orbiteur (qui atterrissait comme un avion), l’engin avait besoin pour décoller de deux propulseurs d’appoint (à poudre) et d’un gros réservoir externe (d’oxygène et d’hydrogène liquides) qui retombaient dans l’océan. Non réutilisable, ce gros réservoir était de couleur orange en raison de la mousse isolante utilisée pour le protéger, et les ingénieurs de la NASA n’ont pas jugé utile de le peindre en blanc à chaque décollage pour le simple plaisir des yeux (d’autant qu’une couche supplémentaire signifie aussi de la masse en plus à faire décoller). En fait, le réservoir externe ne fut peint en blanc qu’à l’occasion des deux premiers décollages de la navette. Le rapport avec le SLS ? C’est simple : tant l’étage principal du futur lanceur américain que ses boosters sont directement dérivés des technologies de la navette spatiale, il n’est du coup pas si surprenant que les deux engins aient un petit air de famille. On peut toutefois souhaiter au Space Launch System un destin moins macabre que celui de son aïeule, dont l’histoire est émaillée des dramatiques accidents de Challenger (en 1986) et de Columbia (en 2003), occasionnant la mort de deux équipages de sept personnes.

 Et maintenant, quelques brèves en vrac :

  • Kjell Lindgren (à gauche) et Scott Kelly (à droite) entourés des combinaisons spatiales qui leurs permettront d'effectuer des sorties dans l'espace le 28 octobre et le 6 novembre. Crédit : NASA TV
    Kjell Lindgren (à gauche) et Scott Kelly (à droite) entourés des combinaisons spatiales qui leurs permettront d’effectuer des sorties dans l’espace le 28 octobre et le 6 novembre. Crédit : NASA TV

    A bord de la Station spatiale internationale, l’astronaute américain (et actuel commandant de la station) Scott Kelly a battu le record de temps cumulé dans l’espace par un astronaute américain : le 16 octobre 2015, il avait passé 383 jours dans l’espace répartis sur quatre missions (deux missions de la navette spatiale en 1999 et 2007, puis deux missions à bord de l’ISS), battant ainsi le précédent record américain. Avec le Russe Mikhaïl Kornienko, il effectue actuellement une mission d’un an en orbite (ils sont arrivés bord de l’ISS fin mars 2015) et battra un autre record américain sous peu : le 29 octobre, il sera dans l’espace depuis 216 jours consécutifs. Tout cela est malgré tout loin d’égaler les records russes : Gennady Padalka, recordman mondial, a passé 879 jours cumulés en orbite (il était encore tout récemment à bord de l’ISS) et Valeri Polyakov est resté 437 jours d’affilée à bord de la station Mir entre 1994 et 1995.

C’est tout pour aujourd’hui ! On se quitte avec un joli tweet de Scott Kelly, qui nous abreuve régulièrement de belles photos prises en orbite basse.