Salutations ! Autant vous prévenir, on commence une nouvelle fois ce billet hebdomadaire avec New Horizons, qui a plein de belles choses à nous montrer. Ensuite, on enchaîne avec un peu d’anticipation, avant de parler de la Station spatiale internationale et de finir avec Cérès. En espérant que ça vous plaise !

Credits: NASA/Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory/Southwest Research Institute
Credits: NASA/Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory/Southwest Research Institute

Décidément, la sonde New Horizons n’en finit donc pas de nous tenir en haleine. Après avoir révélé la future destination de l’engin, la NASA a lâché dans la nature une série de nouvelles photos prises lors du survol de Pluton en juillet dernier. Plus aucune image n’était parvenue à la Terre depuis le 20 juillet, la sonde ayant vaqué à d’autres occupations, mais elle a toutefois recommencé à en transmettre à la Terre il y a une bonne semaine. Il s’agit là d’un processus qui doit durer environ un an. D’ailleurs, vu que les images sont cette-fois de bien meilleure qualité que celles reçues en juillet, la transmission met du coup bien plus de temps. Et ça y est : les premières données sont arrivées vendredi. On ne lui en veut pas trop pour l’attente, cela en valait vraiment la peine. « C’est compliqué », commente au passage l’Agence spatiale américaine, qui ne s’attendait apparemment pas à découvrir de tels paysages à la surface de Pluton. Loin d’être un monde mort et sans intérêt, cette lointaine planète naine ne semble pas avoir grand-chose à envier à Mars en termes de complexité. Même la « brume » de son atmosphère contient, semble-t-il, bien plus de couches que ce que les scientifiques de la mission avaient d’abord remarqué. Cette même brume, d’ailleurs, crée un crépuscule à la surface de Pluton, rendant ainsi visible des zones que les scientifiques n’imaginaient pas pouvoir étudier. Et pour ajouter un peu de mystère, ces mêmes scientifiques envisagent aussi la présence de dunes à la surface, ce qui était jusqu’à présent assez improbable. Si leur présence est confirmée, il s’agira de déterminer quel processus a pu amener à leur création. Pour accéder aux images, rien de plus simple : certaines sont accessibles sur le site officiel de la NASA mais les plus audacieux pourront aussi se rendre ici pour accéder aux images « brutes » transmises par la sonde (soit des photographies qui n’ont pas été nettoyées).

http://pluto.jhuapl.edu/soc/Pluto-Encounter/view_obs.php?image=data/pluto/level2/lor/jpeg/029923/lor_0299236809_0x630_sci_3.jpg&utc_time=2015-07-15%3Cbr%3E03:28:10%20UTC&description=&target=PLUTO&range=0.8M%20km&exposure=150%20msec
Credits: NASA/Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory/Southwest Research Institute
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Illustration de ce à quoi pourrait ressembler la mission vers Europe. Crédits : NASA/JPL-Caltech

A présent, accordons-nous une petite pause pour rêver un peu à l’avenir de l’exploration du système solaire, avec deux éventuelles futures missions déjà évoquées ici même (c’était fin février). On va commencer par aller du côté d’une lune de JupiterEurope, avant d’aller plus loin : sur (voire sous) Titan, une lune de Saturne. Du côté de Space.com, on s’interrogeait cette semaine sur l’éventualité que la future mission de la NASA à destination d’Europe parte en compagnie d’un atterrisseur, qui s’ajouterait à la mission déjà prévue. Il semblerait que le Jet Propulsion Laboratory étudie sérieusement la question pour le compte de la NASA. L’entreprise, en tout cas, est complexe : difficile de concevoir un atterrisseur sans avoir une réelle idée d’à quoi ressemble la surface sur laquelle il devrait se poser. En tout cas, cela rappelle un peu le périple de la sonde Cassini, partie avec l’atterrisseur européen Huygens qui s’est posé sur Titan il y a une bonne dizaine d’années. Reste à voir s’il est possible de renouveler l’exploit. Quoi qu’il en soit, nous devrions en savoir plus en fin d’année.  Et Titan, justement ? Souvenez-vous, en février, nous évoquions la possibilité que la NASA envoie un sous-marin explorer les profondeurs de ses lacs de méthane et d’éthane (plus spécifiquement dans une mer joliment nommée Kraken Mare). Et bien le projet suit son cours, et c’est Spaceflight Insider qui évoque le sujet.

Source : http://www.nasa.gov/feature/titan-submarine-exploring-the-depths-of-kraken-mare
Source : http://www.nasa.gov/feature/titan-submarine-exploring-the-depths-of-kraken-mare

Actuellement, l’idée est financée dans le cadre du programme « NIAC », à savoir le « NASA Innovative Advanced Concept. » Comme son nom l’indique, il s’agit d’un programme conçu pour encourager les idées innovantes susceptibles de « transformer les futures missions de la NASA ». Et effectivement, expédier un sous-marin dans les environs de Saturne semble en effet plutôt correspondre à cette description. Durant la Phase 1, qui consiste grosso modo en une première définition du projet financée à auteur de 100.000 dollars pendant neuf mois, le sous-marin a été conçu pour fonctionner sans orbiteur. Cela signifie que l’engin communiquerait directement avec la Terre, sans aide d’une sonde spatiale dans les parages. Par comparaison, Huygens communiquait avec la Terre via la sonde Cassini. De plus, l’idée serait de le faire voyager jusque-là dans la soute de la petite navette automatique X-37B (si si, vous connaissez !), laquelle plongerait dans les profondeurs de Titan en même temps que le sous-marin. Mais il ne s’agit là que d’idées préliminaires : le projet ayant été jugé suffisamment faisable pour passer en Phase 2, les choses sérieuses vont seulement pouvoir commencer pour ses concepteurs. En effet, ces derniers vont recevoir 500.000 dollars supplémentaires pour deux années de travail, durant lesquelles d’autres possibilités vont être étudiées (l’éventualité d’un orbiteur par exemple). En tout cas le défi est de taille, vu qu’un tel sous-marin devrait faire face à des conditions qui diffèrent complètement de celles en vigueur sur Terre : durant cette phase 2, il s’agira en particulier de limiter les risques posés par cet environnement très particulier.

Andreas Mogensen au travail à bord de l'ISS.
Andreas Mogensen au travail à bord de l’ISS. Copyright : ESA/NASA

Enchaînons avec un petit mot sur les nouvelles de l’orbite basse. Comme annoncé la semaine passée, une capsule Soyouz a quitté la Station spatiale internationale avec, à son bord, le Danois Andreas Mogensen et le Kazakh Aidyn Aimbetov (qui sont restés un peu plus d’une semaine en orbite) ainsi que le vétéran russe Gennady Padalka, qui a donc quitté la station après sa mission de six mois. Durant son séjour, ce dernier a d’ailleurs battu un record, et non des moindres : avec 879 jours cumulés sur cinq missions différentes (quatre à bord de l’ISS, une à bord de la station Mir), il est tout simplement la personne au monde qui a passé le plus de temps dans l’espace. Le voyage retour s’est déroulé sans embûche et la capsule a touché le sol du Kazakhstan dans la nuit du 11 au 12 septembre. Ils ne sont donc plus que six là-haut, y compris Scott Kelly et Mikhail Kornienko, qui sont eux à peu près à la moitié de leur mission d’un an. Pour rappel, Andreas Mogensen est le premier astronaute danois de l’histoire. A bord de l’ISS, il a conduit une mission nommée IrISS, qui consistait grosso modo à tester de nouvelles technologies et à conduire des expériences scientifiques (le tout pour le compte de l’Agence spatiale européenne). Il y a notamment testé un système de filtration d’eaux usées (dont le résultat doit encore être analysé) et, plus spectaculaire, manipulé des rovers situés sur Terre depuis l’orbite terrestre. L’expérience a pris place à Noordwijk, aux Pays-Bas : depuis l’ISS, l’astronaute a ainsi télécommandé deux robots à roulette dotés de bras qu’il pouvait « sentir » grâce à un système de retour de force. A l’avenir, un tel système pourrait s’avérer bien utile : des robots pourraient être commandés depuis l’orbite terrestre mais aussi, pourquoi pas, autour de la Lune ou même de Mars.

Enfin, on se quitte avec Cérès, parce qu’il n’y a pas que Pluton qui joue les mystérieuses. Vous vous souvenez des fameux points lumineux visibles à la surface de cette autre planète naine ? Et bien la sonde Dawn, qui se trouve désormais en orbite à 1470 kilomètres d’altitude, continue de nous en transmettre des images (lesquelles sont désormais trois fois plus détaillées qu’en juin dernier). La photo ci-dessous nous montre le cratère Occator avec une résolution de 140 mètres par pixel. Pour traduire directement Marc Rayman, ingénieur en chef et directeur de la mission, « Dawn a transformé ce qui était tout récemment quelques points lumineux en un paysage étincelant, complexe et magnifique. » Ça tombe bien : on aura largement l’occasion d’y revenir dans les prochaines semaines !

Credits: Image credit: NASA/JPL-Caltech/UCLA/MPS/DLR/IDA
Credits: Image credit: NASA/JPL-Caltech/UCLA/MPS/DLR/IDA

 

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