Bienvenue au mois de mars ! Cette semaine, on se balade sur la Lune, on jette un œil aux mystères de Cérès, on s’aventure en orbite basse et on regarde vers la planète rouge.

Le rover Andy, développé par l'université Carnegie Mellon pour l'équipe Astrobotics. Source : http://lunar.cs.cmu.edu/
Le rover Andy, développé par l’université Carnegie Mellon pour l’équipe Astrobotic. Source : http://lunar.cs.cmu.edu/

On entame avec le Google Lunar XPrize, déjà évoqué récemment ici-même (pour rappel, il s’agit d’une compétition dans laquelle les équipes participantes concourent pour faire parcourir 500 mètres à un rover sur la Lune avant fin 2016). Deux équipes qui s’étaient distinguées en remportant un ou plusieurs Milestone Prizes en janvier ont décidé de s’allier. Les Américains d’Astrobotic, qui avaient raflé un prix dans chaque catégorie, et les Japonais de Hakuto vont en effet faire route ensemble à destination de la Lune. L’association paraît prometteuse : alors qu’Astrobotic développe un atterrisseur (du nom de Griffin) et un petit rover (Andy), Hakuto concentre ses efforts sur le développement de deux petits rovers attachés l’un à l’autre (Tetris et Moonraker). Sans atterrisseur, les Japonais étaient dès le début voués à trouver un partenaire pour permettre à leurs engins de se poser sur notre satellite : c’est maintenant chose faite. Par conséquent, la course à la Lune sera suivie d’une course sur la Lune : dès l’alunissage, chaque équipe tentera de faire parcourir à son rover les 500 mètres avant l’autre pour remporter la victoire. Une course à 20 million de dollars sur la surface de la Lune : voilà qui ne manque pas de panache. Les équipes partenaires se partageront le Grand Prix en fonction de l’équipe gagnante (à condition qu’il y en ait une, évidemment), mais faire route ensemble leur permetta aussi de partager le coût du lancement de la fusée Falcon 9, de SpaceX, qui doit les emmener jusque là. John Thornton, le directeur général d’Astrobotic, a également signalé qu’il restait de la place à bord : avis aux amateurs.

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Le système développé par Hakuto : Moonraker, à droite, et Tetris. Les deux rovers sont attachés l’un à l’autre par un câble. Le rôle du petit Tetris sera notamment de s’aventurer le long de falaises ou de trous, Moonraker faisant alors office d’ancre. Source : http://lunar.xprize.org/teams/hakuto
Ceres photographiée par Dawn le 19 février. Crédit : NASA/JPL-Caltech/UCLA/MPS/DLR/IDA
Ceres photographiée par Dawn le 19 février.
Crédit : NASA/JPL-Caltech/UCLA/MPS/DLR/IDA

Pendant ce temps là, la sonde américaine Dawn continue de révéler des images de la planète naine Cérès. Le plus frappant sur ces nouvelles photos reste la présence de ces points lumineux dont la nature reste inconnue, même si plusieurs hypothèses existent. Comme l’explique Emily Lakdawalla sur le blog de la Planetary Society, la surface de Cérès est très sombre, ce qui signifie que ces points lumineux ne sont pas particulièrement blancs, mais « simplement » beaucoup plus clairs que le reste de la surface. Pour ce qu’on en sait actuellement, ces points pourraient être liés à une activité volcanique, ou bien être le résultat d’impacts qui auraient révélé une couche plus claire sous la surface. Toujours est-il qu’il va falloir attendre de recevoir des images de plus haute résolution pour en savoir plus à leur sujet. La sonde s’est approchée au plus près de la planète naine le 23 février dernier et va se faire capturer par la gravité de cette dernière le 6 mars prochain. Sa trajectoire va ensuite l’en éloigner pendant quelques semaines, et Dawn reprendra ses observations en orbite à la fin du mois d’avril.

Retournons en orbite basse, du côté de la Station spatiale internationale (ISS). Signalons avant tout que les astronautes Barry Wilmore et Terry Virts ont achevé leur deuxième sortie dans l’espace mercredi dernier. Celle-ci a duré 6 heures 43 et fut suivie de la découverte d’une petite fuite d’eau dans le scaphandre de Terry Virts, que la NASA a pris au sérieux tout en affirmant que cela n’avait pas mis la vie de l’astronaute en danger. La troisième sortie dans l’espace, opérée par les deux mêmes astronautes, se tiendra malgré tout ce dimanche 1er mars. A plus long terme, la Russie, via son agence spatiale Roscosmos, a annoncé qu’elle continuerait d’assurer l’existence de l’ISS jusque 2024, rejoignant sur ce point l’agence américaine. Cependant, les Russes vont plus loin en affichant leur intention de créer leur propre station spatiale passée cette date. Pas question pour autant de repartir de zéro : ils prévoient au contraire de détacher certains de leurs propres modules. Leur nouvelle station sera alors construite autour de ces derniers, y compris ceux qui doivent encore rejoindre l’ISS dans les années futures (comme par exemple le Multipurpose Laboratory Module, dit Nauka, qui doit décoller en 2017). Roscosmos n’a toutefois pas donné de détails plus précis concernant ses plans, si ce n’est que l’agence russe se tourne également vers la Lune, avec en point d’orgue des vols habités prévus pour les années 2030. L’ambition est donc là, reste à voir si les moyens suivront.

Happy birthday #Copernicus!
Samantha Cristoforetti semble profiter au mieux de son séjour dans l’espace. L’astronaute italienne partage de nombreuses photos (de la Terre, pour la plupart, mais aussi des opérations à bord de l’ISS) sur son compte Flickr, accessible en cliquant ci-dessus.

On termine ce billet avec quelques informations concernant les plans d’exploration de Mars par la NASA. Cette dernière envisage notamment un fonctionnement nouveau pour son rover Mars 2020. Initialement prévu pour récolter des échantillons martiens et les stocker, l’engin devrait finalement laisser sa précieuse cargaison derrière lui. Pourquoi ? Pour pouvoir continuer ses recherches sans risquer de tout perdre en cas d’incident, justement. Autrement dit pour permettre à la NASA de prendre davantage de risques. En effet, les échantillons en questions devraient ensuite être récupérés par une future mission martienne (dont il n’est encore fait mention nulle part). Si cette méthode a ses avantages (elle laisse plus de latitude au rover et supprime le problème du stockage des échantillons), elle reporte cependant les difficultés sur la mission suivante, qui devra non seulement stocker les échantillons abandonnés mais aussi les repérer au préalable. Enfin, l’agence américaine prévoit également d’envoyer un nouvel orbiteur vers Mars en 2022. Ce nouveau satellite servira notamment de relais entre les engins posés sur Mars et la Terre. Actuellement, c’est surtout la sonde Mars Odyssey (en orbite depuis 2002 tout de même) qui assure cette tâche.