Bonjour ! Janvier s’achève et c’est tant mieux. Cette semaine, nous allons causer de vols habités, de voile solaire et d’une course à la Lune.

Une fois le CST-100 terminé, voilà à quoi il devrait ressembler en approche de l'ISS.
Une fois le CST-100 terminé, voilà à quoi il devrait ressembler en approche de l’ISS. Source : http://www.boeing.com

Commençons avec les vols habités du futur. Cette semaine, lors d’une conférence, Boeing et SpaceX ont donné davantage de précisions sur leurs futurs projets. Pour rappel, les deux compagnies ont été choisies par la NASA en septembre 2014 pour transporter des astronautes jusqu’à la Station spatiale internationale, dans le cadre du « Commercial Crew Program » de l’agence américaine. A terme, cette dernière désire en effet s’appuyer sur deux vaisseaux distincts pour envoyer ses astronautes en orbite basse, en plus de sa future capsule Orion (conçue pour de l’exploration beaucoup plus lointaine). Il s’agira également de la première fois qu’une entreprise privée transporte des êtres humains dans l’espace. D’une part, nous avons donc Boeing et sa capsule CST-100. En cours de finalisation, elle devrait être testée pour la première fois sans équipage en avril 2017. Un autre vol test, habité cette fois, est prévu pour juillet 2017, suivi si tout va bien du premier vol commercial officiel en décembre de la même année. D’autre part, il y a bien sûr SpaceX, dont le programme est un peu plus ambitieux (mais qui s’en étonne encore ?). Les premiers tests de sa capsule Dragon habitable (le Dragon V2) devraient survenir dans les mois qui viennent, et le premier test sans équipage est lui prévu fin 2016, suivi d’un vol habité début 2017. Point intéressant : le CST-100 et le Dragon V2 seront tous deux réutilisables. Notons également que le design final du Dragon V2 prévoit des rétrofusées pour le retour sur Terre, mais que les premiers retours de la capsule sur Terre se feront de manière classique (à savoir dans l’océan, à l’aide de parachutes). La classe ultime, ce n’est donc pas encore pour tout de suite.

La voile solaire du LightSail déployée. Le CubeSat paraît tout petit à côté.
La voile solaire du LightSail déployée. Source : http://sail.planetary.org/

Restons dans le domaine privé avec la Planetary Society, une organisation à but non lucratif tournée vers l’exploration spatiale (fondée notamment par Carl Sagan), qui a donné cette semaine un coup d’accélérateur à son programme LightSail visant au développement d’une voile solaire. L’idée derrière la conception d’un tel système consiste à utiliser les photons envoyés par le soleil pour propulser un engin à travers l’espace. Attention, il ne s’agit pas d’utiliser l’énergie solaire pour actionner un moteur : dans le cas présent, ce sont les photons eux-mêmes qui « poussent » l’engin en étant réfléchis par la voile. La poussée est très faible, mais présente l’avantage d’être constante et de ne nécessiter aucun carburant. Toujours est-il que la Planetary Society  a annoncé que le premier vol test de son programme se tiendrait en mai 2015. Il aura pour but de tester le comportement de l’engin, composé d’un nano-satellite (un CubeSat plus précisément, formé de trois unités de 10cm de côté) et d’une voile de 32 mètres carrés, avant d’envoyer une voile plus conséquente en 2016 (laquelle devrait d’ailleurs être lancée par le futur lanceur lourd de SpaceX, le Falcon Heavy). Notons que ce n’est pas la première fois que la Planetary Society entreprend de tester une voile solaire. Sa précédente tentative, Cosmos-1, avait malheureusement échoué en 2005 en raison de l’arrêt prématuré du lanceur russe Volna. Depuis, deux voiles solaires ont par contre été testées avec succès : IKAROS, conçu par l’Agence spatiale japonaise (JAXA) et NanoSail-D2, conçu par la NASA.

L'équipe de Part Time Scientists a nommé son petit rover (que voici) Asimov Jr. Des gens de goût. Source : http://lunar.xprize.org
L’équipe de Part Time Scientists a nommé son petit rover (que voici) Asimov Jr. Des gens de goût. Source : http://lunar.xprize.org

C’est également cette semaine que cinq équipes en lice pour le Google Lunar XPrize se sont partagé la somme de 5,25 millions de dollar. Le concours, organisé par la Fondation XPrize et sponsorisé, comme son nom l’indique, par rien de moins que Google, a un but plutôt simple : remportera la compétition l’équipe qui enverra sur la Lune un rover capable d’y parcourir la distance de 500 mètres et d’en prendre des images, le tout avant le 31 décembre 2016 (une deadline qui a déjà été reportée à plusieurs reprises). La première équipe à réussir cet exploit remportera la somme de 20 millions de dollars (le Grand Prix), tandis que la seconde récoltera 5 millions de dollar. D’autres prix rigolos sont également prévus, par exemple pour l’équipe qui arriverait à photographier des restes du programme Apollo, ou à survivre une nuit lunaire entière. Pour l’heure, les organisateurs ont distribué des « Milestone Prizes » à certaines équipes pour récompenser leurs avancées technologiques. Les neuf prix remis étaient répartis dans trois catégories : la capacité à atterrir (Landing), à se déplacer (Mobility) et à prendre des images (Imaging). On félicite donc chaleureusement les Américains d’Astrobotic, qui remportent un prix dans chaque catégorie, mais aussi les autres Américains de Moon Express, les Indiens de Team Indus, les Allemands de Part-Time Scientists et les Japonais de Hakuto. Reste à voir si l’une de ces équipes, ou une des treize autres encore en lice, roulera sur la Lune avant fin 2016.

Enfin, on rigole on rigole mais il ne faudrait pas oublier que nous risquons à tout moment d’être exterminés par un astéroïde (au risque de plomber l’ambiance). On se quitte donc avec une très courte vidéo du joli spécimen, 2004 BL86, passé à 1,2 millions de kilomètres de la Terre (un peu plus de trois fois la distance Terre-Lune) en début de semaine. D’une taille d’environ 325 mètres, il présente la particularité (apparemment pas si rare que ça) d’être accompagné d’un petit satellite. Ne sont-ils pas mignons, tous les deux ?

2004bl86-640
Source : http://www.nasa.gov/