La semaine écoulée a été quelque peu chargée au rayon de l’exploration spatiale. On note entre autres le premier vol test de la capsule américaine Orion, le décollage de la sonde japonaise Hayabusa 2, la naissance d’Ariane 6 et le décès de la sonde européenne Venus Express.

Orion Exploration Flight Test
Source : http://www.nasa.gov

On commence par l’événement qui a fait le plus de bruit : le vol test de la capsule spatiale Orion ce vendredi 5 décembre, initialement prévu jeudi mais reporté au lendemain. La NASA avait mis les petits plats dans les grands pour l’occasion. En effet, la mission (qui a duré plusieurs heures) pouvait être suivie en direct sur le site de l’agence américaine, mais également sur les réseaux sociaux. Orion est la nouvelle capsule spatiale habitée de la NASA. Elle succédera à la navette spatiale évidemment, mais peut-être encore davantage à Apollo. En effet, contrairement à la navette, le nouveau programme américain prévoit d’envoyer des êtres humains au-delà de l’orbite terrestre. Entendez par là la Lune, pour commencer, et puis éventuellement un astéroïde, ou même carrément Mars. Ces projets nécessitent également le développement d’un nouveau lanceur, le bien nommé Space Launch System (SLS), qui ne sera pas testé avant 2018 mais devrait être le plus gros lanceur jamais construit depuis le célèbre Saturn V et les vols lunaires. Cette semaine, la capsule Orion, non habitée, a été lancée depuis une fusée Delta IV Heavy et a effectué deux tours de la Terre jusqu’à atteindre l’altitude de 5800km. Selon la NASA, ce vol test est un succès total. Le prochain rendez-vous est pris en 2018 avec l’Exploration Mission 1, durant laquelle le SLS propulsera Orion (toujours non habitée) vers l’orbite lunaire. Quant au premier vol habité, il devrait normalement survenir en 2021.

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Source : http://global.jaxa.jp/

Direction le Japon, où un autre lancement a été effectué avec succès cette semaine. Il s’agit du décollage de la sonde Hayabusa 2. Celle-ci succède à Hayabusa première du nom qui, en 2005, était le premier engin à parvenir à se poser sur un astéroïde (Itokawa), y prélever un échantillon et le ramener sur Terre. L’objectif est ici le même, même si le type d’astéroïde visé est différent (type C au lieu de type S) et porte le doux nom de (162173) 1999 JU3. La sonde embarque avec elle un atterrisseur nommé MASCOT, développé par l’agence spatiale allemande et inspiré de Philae (largué par Rosetta sur la comète 67P Churyumov-Gerasimenko en novembre), ainsi que trois petits rovers Minerva. C’est en 2019 que Hayabusa 2 approchera de l’astéroïde, larguera ses atterrisseur et prélèvera des échantillons, avant un retour prévu fin 2020.

ariane 6
Source : http://www.cnes.fr/

Nous enchaînons avec une naissance : celle d’Ariane 6, dont la configuration finale a été officialisée lors d’une conférence de l’Agence spatiale européenne (ESA). Décliné en deux versions, ce nouveau lanceur devrait permettre à l’ESA de soutenir la concurrence des sociétés privées américaines (SpaceX en premier lieu, avec son lanceur Falcon, mais aussi Orbital et son lanceur Antares, si cette dernière passe le cap de son récent et spectaculaire échec) à partir de 2020. Pour aller plus loin, cet article devrait faire l’affaire. Par ailleurs, Ariane 5 aurait dû décoller jeudi (soit le même jour que le vol initial d’Orion) pour mettre en orbite deux satellites de télécommunication, mais le lancement a été reporté à samedi en raison, là aussi, de mauvaises conditions météo. C’est fragile, ces machins-là.

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Source : http://www.esa.int/

Du côté de l’étoile du berger, c’est par contre un décès qui est à déplorer : celui de la sonde européenne Venus Express. Comme son nom l’indique, celle-ci orbitait autour de Vénus, et ce depuis 2006. Sa mission devait initialement durer 500 jours mais a été prolongée trois fois vu la qualité des résultats obtenus. Cette année, sachant sa sonde bientôt à court de carburant, l’équipe en charge de Venus Express a testé une technique dite d’aérofreinage, dans le but de faire plonger la sonde jusqu’à 135km d’altitude dans l’atmosphère extrêmement dense de la planète (et donc de récolter tout un tas de nouvelles données scientifiques), avant de relever son orbite en juillet une fois l’expérience terminée. Le contact avec Venus Express a finalement été perdu à la fin du mois de novembre, probablement par manque de carburant, alors que de nouvelles corrections de trajectoire devaient être opérées pour relever son orbite. Toujours est-il que la mission, conçue à moindre coût car sur mêmes bases que la mission Mars Express, est considérée comme un grand succès.

Enfin, bonus de dernière minute avec une bonne nouvelle : le réveil définitif de la sonde américaine New Horizons, en route vers Pluton depuis janvier 2006. Il s’agira du premier engin à observer de près cette planète naine, ainsi que son petit satellite Charon, à partir de janvier 2015. Là encore, des découvertes très intéressantes sont à prévoir.

La capsule Orion après son vol test, récupérée par un navire américain.
La capsule Orion après son vol test, récupérée par un navire américain.